[Retour sur l’actualité] : Le père Serge Martin Ainadou est prêtre du diocèse de Cotonou, en mission à l’École d’évangélisation « Jeunesse Lumière » en France. Chaque semaine, il propose une réflexion sur l’actualité.

L’Assemblée générale des Nations Unies a résolu, en 2019, que le 22 Août marquera chaque année la « Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leur conviction ». Celle-ci est précédée le 21 Août de la journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme.

À l’occasion de la deuxième édition de la journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions, samedi 22 Août 2020, le pape François a « demandé à tous de cesser d’instrumentaliser les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme, et au fanatisme aveugle. » Le pape a également rappelé à cette occasion l’urgence d’une fraternité humaine face à la montée de la haine, évoquant ainsi l’une des thématiques majeures du document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune.
Ce document, cosigné par Ahmad Al-Tayyeb, le grand imam d’Al-Azhar et par le pape François, dans le cadre du voyage apostolique du Saint-Père aux Émirats Arabe Unis le 4 février 2019, condamne ainsi toutes tendances à la catégorisation ; ainsi que tout usage discriminatoire du terme « minorités », « qui porte avec lui les germes du sentiment d’isolement et de l’infériorité ».

Covid et stigmatisation de l’autre

Manifestement, les défis, sous cet angle, apparaissent d’autant plus énormes que l’actualité de la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19, laisse apparaître dans certains pays une recrudescence du phénomène de la stigmatisation et d’un discours raciste. L’étranger est dénigré. Alors, la tendance à répandre des stéréotypes ignobles et à rechercher des coupables devient moins contrôlable.

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Une telle situation devient, en certains endroits, explosive, précisément à cause de la difficulté de définir très clairement la ligne de crête séparant le versant du droit à une liberté d’expression de celui des discours attentatoires au respect de la dignité des personnes. Jusqu’à quelles limites doit-on alors défendre des convictions qui, en fin de compte, se révèlent idéologiques voire pernicieuses pour la santé sociétale ?

Droits des enfants

Dans la mesure où le document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, promeut, par exemple, la défense des droits fondamentaux des enfants à grandir dans un milieu familial, et à recevoir l’éducation, il nous semble urgent de continuer de mettre un accent particulier sur les valeurs humaines, socle d’une vraie liberté et de lever, par voie de fait, toutes ambiguïtés.

On ne devrait pas, au nom d’une « égalité pour tous », encourager, par exemple, des lois compromettant le cadre de vie familial d’un enfant. En définitive, si celui-ci, pour son équilibre psychoaffectif, a besoin de la nécessaire double figure d’un père et d’une mère, c’est d’abord dans l’intérêt de l’enfant, lui-même, en tant qu’adulte de demain puis de la société entière.
Car en famille, on aura appris à l’enfant à respecter l’autre, à l’accepter, dans ses différences, sans tomber dans un repli sur soi ou bien dans une propagande incitant à la haine.

Père Serge Martin Ainadou