« Dieu nous appelle à l’espérance et à la responsabilité contre toute fatalité et tout pessimisme »

Père Léonard Santédi/Crédit: Guy Aimé Eblotié/La Croix Africa.
10 avril 2020 1 commentaire

[Contribution Père Santédi 2/3] : Le père Léonard Santédi est théologien, membre du Comité théologique du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar et recteur de l’Université catholique du Congo.

La Croix Africa reprend en trois parties sa réflexion théologique sur la crise sanitaire actuelle intitulée : « Où est Dieu ? Le cri de l’homme en ce temps d’épidémie de coronavirus » et qui paraîtra aussi dans la revue de la congrégation italienne de la congrégation des Comboniens « Nigriza ».

Si ce qui nous arrive n’est pas commandité par Dieu, il faut également dire que ce n’est pas la fin du monde. Dans notre contexte, il n’est pas rare d’entendre des voix qui s’élèvent pour affirmer que la fin du monde est proche. Pour les « marchands de Dieu, tout se joue, en réalité dans le monde de la nuit », voilà pourquoi il faut s’en remettre à Jésus qui « sauve » et « guérit » déniant ainsi les capacités de l’homme à pouvoir se responsabiliser.

Nous affirmons que nous ne devons céder ni à la peur ni au catastrophisme, ni à la fatalité ni au pessimisme. Notre histoire présente n’est pas livrée aux mains des forces occultes. La foi au Dieu créateur du ciel et de la terre arrache l’être humain à la soumission et à la tutelle des forces cosmiques pour le situer dans la relation personnelle avec Dieu « qui a fait l’homme à son image et lui a confié l’univers, afin qu’en le servant, il règne sur la création ». Comme l’a si bien dit le pape François dans son homélie lors de la bénédiction Urbi et Orbi, « telle une tempête, la pandémie de Coronavirus démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités ». Nous avons donc placé notre confiance et bâti nos civilisations sur des espoirs illusoires et factices.

Espérance

La pandémie de Coronavirus vient nous rappeler à la vraie, à la grande espérance en Dieu sauveur. L’espérance chrétienne est tout autre chose que des espoirs illusoires. Elle est habitée par une conviction simple selon laquelle l’avenir a un visage et un visage désirable, même si l’on en ignore les traits. Elle tient donc aussi que la forme sous laquelle se donne le présent n’est pas unique ni close sur soi. Quelque chose d’autre est possible, qui doit nous mobiliser pour affronter le temps actuel et ses difficultés.

Le refus de l’espérance signe donc la victoire de la mort sur nous car l’espérance chrétienne est l’antidote à toute fatalité et à tout pessimisme. Cette espérance ne nous dédouane pas de nos responsabilités pour tout faire reposer sur Dieu.

Responsabilités

Bien au contraire, elle nous engage et nous responsabilise à transformer notre monde. Dans notre contexte, face à la pandémie du Covid-19, cette responsabilité peut revêtir plusieurs formes. La responsabilité des gouvernants de prendre des décisions efficaces qui privilégient la vie des gens au détriment des intérêts partisans notamment l’équipement approprié des centres hospitaliers, la prise en charge des soins des malades, l’assistance de la population par des mesures d’urgence humanitaire. La responsabilité des médias de donner la bonne information et de ne pas verser dans le sensationnel, ni dans la banalisation d’une situation si grave pour la vie de la population. La responsabilité des organisations de la société civile de sensibiliser les populations surtout au niveau de la prévention et du respect des mesures d’hygiènes. La responsabilité des scientifiques de poursuivre la recherche nécessaire pour trouver le traitement efficace contre la maladie ou proposer des solutions alternatives pour soulager les malades. La responsabilité du personnel soignant de se dévouer réellement au service des malades. La responsabilité des pasteurs d’accompagner spirituellement et socialement les fidèles en particulier en cette période de souffrance.

Père Léonard Santédi

Articles liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

15 − 1 =

© 2020 - FOMECAF