[Pourquoi je suis devenu prêtre/religieu (x) se ? : Chaque semaine, un prêtre, un religieux ou une religieuse explique à La Croix Africa son choix de vie. Cette semaine, c’est au tour du père Augustin Marie Togbé, prêtre de l’Institut des Franciscains de l’Immaculée en mission à Allada dans le Diocèse de Cotonou (Sud-Bénin).

Qui êtes-vous ?

Je suis Augustin Marie Togbé, né le 18 août 1981 à Porto-Novo. Je suis entré chez les Franciscains de l’Immaculée en l’an 2000. De 2003 à 2010, j’ai fait mes études en Italie respectivement à Monte Cassino, à Tarquinia, à Rome et à Florence avec une année de stage en Autriche en 2005. J’ai fait ma 1re profession religieuse le 12 septembre 2004 et ma profession perpétuelle le 17 septembre 2008 à Tarquinia en Italie. J’ai été ordonné diacre le 21 novembre 2009 et prêtre le 25 mars 2010 à Florence par le cardinal Franc Rodé, alors préfet de la congrégation des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique.

Après mon ordination, j’ai été envoyé à Allada dans le diocèse de Cotonou comme maître des postulants. En 2011, j’ai été nommé Responsable de notre communauté sise à Bembèrèkè dans le nord du pays cumulativement avec les charges de Recteur du sanctuaire marial diocésain et de Maître des novices de l’Afrique francophone jusqu’en 2016. De 2016 à 2019, j’ai été envoyé en mission dans le Diocèse de Douala au Cameroun comme vicaire de la paroisse Pentecôte de Newtown Aéroport. Actuellement, je suis revenu au pays dans notre maison mère à Allada en tant que vicaire.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir prêtre ?

Ma vocation est née par Marie Rosa Mystica. En effet, c’est dans le groupe de prière Rosa Mystica dont j’étais membre que j’ai découvert ma vocation à la vie consacrée. Pas à pas, Marie m’a fait comprendre que je suis l’un de ses fils de prédilection et que son Fils Jésus m’a choisi pour être l’un des serviteurs de sa vigne. Je ressentais en moi un grand désir de voir tous les hommes aimer Marie et croire en Jésus-Christ son Fils notre Seigneur. Je brûlais –et je brûle toujours énormément– d’envie de voir le monde entier connaître, aimer et servir Dieu, le Dieu d’amour.

Le Seigneur m’a appelé à le suivre de plus près, et, en répondant promptement à son appel, j’ai compris que c’est à son service que Lui-même réalisera ce grand désir de mon cœur : le salut des âmes en Marie, par Marie et avec Marie. Voilà ce qui m’a poussé à devenir prêtre ou, pour être plus précis, c’est là ce qui m’a aidé à mieux comprendre ma vocation, car, à mon sens, on ne choisit pas de devenir prêtre, mais plutôt, on le devient par élection divine, par pure grâce. C’est donc avec un profond sentiment de reconnaissance, de gratitude et de fierté que j’apprécie aujourd’hui les dix ans de mon ministère sacerdotal.

Quelles sont les difficultés et les joies de ce choix de vie que vous avez fait ?

Les plus grandes difficultés que j’ai rencontrées jusqu’ici dans mon ministère sacerdotal sont d’ordre pastoral : difficulté à expliquer à certaines personnes dont des chrétiens, qu’être prêtre, ce n’est pas être riche ou vivre dans le grand confort. Difficulté à faire comprendre à certains fidèles que l’enseignement moral de l’Église n’est ni obsolète ni arbitraire mais qu’il est plutôt fondé sur la Parole de Dieu, difficulté à faire comprendre aux fidèles que c’est à eux que revient la noble tâche de pourvoir aux besoins matériels du prêtre.

Quant aux joies dont j’ai été gratifié et dont je suis toujours comblé, je pense que les paroles ne suffiront pas à les exprimer. Comme le psalmiste, je dirai tout simplement : « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le Nom du Seigneur » Ps 115, 12.

Recueilli par Juste Hlannon (à Cotonou)