« L’Église au Bénin œuvre beaucoup dans la gestion de la pandémie sociale »


Caritas-Bénin a lancé, le 24 juillet, au centre pastoral St Charles Lwanga de Porto-Novo, un grand projet de riposte au coronavirus. En marge de cet événement qui a réuni autour de l’équipe de Caritas-Bénin – dirigée par Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo – de nombreuses personnalités, le père Philippe Sanhouekoua, le directeur national, expose le projet.

La Croix Africa : Pourquoi Caritas-Bénin a-t-elle pris l’initiative de ce projet de riposte au coronavirus ?

Père Philippe Sanhouekoua : Le monde traverse actuellement une crise sanitaire inédite liée au coronavirus. L’Église n’est pas en dehors du monde ; elle est donc préoccupée par cette situation parce qu’elle touche à la vie de l’homme. Cette vie, comme on le sait, est sacrée pour Dieu. Face à cette préoccupation mondiale, le pape a alors lancé un appel aux institutions caritatives au sein de l’Église, à être attentives à la pandémie sociale qui résulte des dispositions prises par les différents gouvernements en vue de réduire la propagation du virus. Comme on le sait, ces mesures impactent dangereusement la vie économique et sociale des populations. Caritas Internationalis et le Dicastère pour le service du développement humain intégral (Dsdhi), ont donc conjointement pris l’initiative de créer, à la demande directe du pape François, le Fonds de réponse Covid-19 (FRC). C’est donc pour répondre à ce cri de cœur du pape en faveur des populations vulnérables du Bénin, que Caritas-Bénin a lancé ce programme et a obtenu le soutien de Caritas Internationalis. En effet, Caritas Bénin fait partie des 24 Caritas locales retenues dans le monde pour bénéficier de ce fonds.

En quoi ce projet va-t-il consister au Bénin ?

Père Philippe Sanhouekoua : L’action de Caritas-Bénin, dans ce programme de trois mois, consistera à accompagner les populations vulnérables, en général, mais plus spécifiquement, les extrêmes pauvres (les personnes qui vivent avec un handicap, les veuves, etc.). Pour ce faire, nous avons été amenés à identifier ces personnes dans quelques communes de l’ex-cordon sanitaire, notamment, les communes de Tori-Bossito, Zè, Kpomassè, Toffo (diocèse de Cotonou) et les communes de Akpro-Missérété, Atchoukpa et Aguégués (diocèse de Porto-Novo). Cet accompagnement mettra l’accent sur la sensibilisation à l’application des gestes barrières pour éviter la propagation de la pandémie du Covid-19 au Bénin et aussi, sur l’assistance alimentaire aux ménages très pauvres fragilisés par la situation.

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De manière plus spécifique, nous allons mettre en place un programme de communication pour un changement de comportement en vue de prévenir le Covid-19. Cette communication va se déployer dans les médias, surtout les radios locales. Caritas-Bénin va également, à travers ce projet, distribuer 5 000 masques faciaux aux populations pauvres et démunies pour la protection contre la transmission du Coronavirus. Nous mettrons aussi en place 120 dispositifs de lavage des mains dans les principaux marchés des communes ciblées en vue de la promotion de l’hygiène pour limiter l’expansion du Covid-19. À tout cela, s’ajoutera la distribution de vivres et biens domestiques à 500 ménages très pauvres fragilisés par la restriction de mobilité imposée par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

Quel bilan faites-vous de l’action de l’Église, à travers Caritas-Bénin, face à cette pandémie ?

Père Philippe Sanhouekoua : Le bilan de l’intervention de l’Église est à saluer. Des efforts de sensibilisation se font au quotidien et nombreuses sont les institutions qui font des actions soit pour prévenir le Covid-19, soit pour soulager les personnes impactées. Mais la spécificité de l’approche de l’Église au Bénin, c’est qu’elle œuvre beaucoup dans la gestion de la pandémie sociale. Dans le silence et le recueillement, l’Église prie continuellement afin que le Seigneur éloigne cette maladie de notre monde.

Recueilli par Juste Hlannon (à Cotonou)