GRANDS NOMS DE L’ÉGLISE AFRICAINE. Cela fait trente ans que Mgr Yves Plumey, premier archevêque de Garoua, dans le nord du Cameroun a été assassiné.

Pour marquer ce triste anniversaire, divers hommages lui ont été rendus.

Trente ans après l’assassinat de Mgr Yves Plumey, le mystère plane toujours autour des circonstances de cette mort violente. L’archevêque émérite de Garoua, d’origine française, avait été étranglé dans sa résidence à Ngaoundéré, dans le nord du Cameroun, dans la nuit du 2 au 3 septembre 1991. L’on avance plusieurs hypothèses sur cet assassinat, dont un vol qui aurait mal tourné ou un assassinat politique.

Quelque temps après son assassinat, son gardien, son chauffeur ainsi que le beau-frère de ce dernier avaient été incarcérés, suspectés d’en être les auteurs. Mais l’enquête sur les mobiles et les complicités n’a pas abouti.

Pour marquer le trentième anniversaire du décès du religieux français, la municipalité de Ngaoungéré, dans la région de l’Adamaoua, a baptisé une avenue en son nom le 3 septembre 2021. Il s’agit d’une route qui va de la cathédrale Notre-Dame des Apôtres de Ngaoundéré au Bois de Mardock. Une marche de fraternité a, par ailleurs, été organisée par les chrétiens en souvenir de cet homme de Dieu.

Qui était Mgr Plumey ?

Né à Vannes, en Bretagne, le 29 janvier 1913, Mgr Plumey intègre la congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée en 1930. Il prononce ses premiers vœux un an plus tard.

Il est ordonné prêtre le 29 juin 1937. En 1938, il est envoyé en mission Ceylan au Sri-Lanka. Mais la guerre de 1939 annule ce projet. Il est alors nommé vicaire dans la paroisse de Talence, près de Bordeaux. À ce titre, il s’occupe des étudiants.

Le 4 mai 1946, il est nommé supérieur de la mission Tchad-Cameroun de sa congrégation. Il est nommé évêque de Garoua dans le nord du Cameroun le 14 septembre 1955, par le pape Pie XII.

Le 18 mars 1982, il devient le tout premier archevêque de Garoua jusqu’à sa démission, deux ans plus tard, le 17 mars 1984. Il est remplacé par le cardinal Christian Tumi.

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Ngaoundéré

Après sa démission, Mgr Plumey s’installe ensuite à Ngaoundéré, dans le nord du Cameroun, où il poursuit sa mission comme curé de la nouvelle paroisse de Bamyanga, qu’il a fait construire pour être proche des plus pauvres. Parallèlement, il écrit un ouvrage intitulé Mission Tchad-Cameroun : l’annonce de l’Évangile au Nord-Cameroun et au Mayo Kébbi, 1946-1986, publié en 1990. Ce livre est récompensé par le prix Mottart de l’Acadamie française en 1991.

Tout au long de ses différentes missions au Tchad et dans le nord du Cameroun, le religieux avait créé des écoles, des collèges, des dispensaires, des centres de formation. Il est en outre le fondateur du petit séminaire de Ngaoundéré, du grand séminaire de Maroua et du grand séminaire de Douvangar (frontière Tchad Cameroun).

En 2001, feu Mgr Joseph Djida, évêque de Ngaoundéré de 2000 à 2015, et sœur Nicole Nshombo, missionnaire xaviérienne, ont créé un Centre Yves-Plumey. Celui-ci est situé dans le village de Marza, à 12 km de N’Gaoundéré. Il accueille des enfants orphelins, abandonnés par leur famille, ou issus de familles en situation très précaire. Le centre comporte aussi un dispensaire et une maternité.

La tombe de Mgr Plumey se trouve devant la cathédrale Notre-Dame des Apôtres de Ngaoundéré.

Lucie Sarr