Devant les jeunes du stade de Kosice, dans l’est de la Slovaquie, le pape François a encouragé mardi 14 septembre à ne pas entrer dans « la logique du jetable ».

Tel un grand-père à ses petits-enfants. Le pape François a prodigué, mardi 14 septembre à Kosice, dans l’est de la Slovaquie, des conseils de vie aux 20 000 jeunes réunis dans le stade de Lokomotiva, comme il aime à le faire devant un tel auditoire.

« Mes amis, ne banalisons pas l’amour, car l’amour n’est pas seulement émotion et sentiment, cela, c’est plutôt le commencement », a-t-il affirmé à un jeune couple qui venait de témoigner, au troisième jour de son voyage en Slovaquie. « L’amour, ce n’est pas d’avoir tout et tout de suite. L’amour ne répond pas à la logique du jetable. L’amour est fidélité, don, responsabilité. La vraie originalité aujourd’hui, la vraie révolution, c’est de se révolter contre la culture du provisoire, c’est aller au-delà de l’instinct et au-delà de l’instant, c’est aimer pour toute la vie et de tout notre être. »

« Chacun est un don et peut faire de la vie un don »

Sans employer l’expression « culture du déchet » dont il est familier, c’est pourtant bien cette idée que François a développé au stade de Kosice, éclairé par la lumière rasante de la fin d’après-midi. Il a ainsi encouragé les plus jeunes à préférer l’amour durable plutôt que « la voiture puissante, le vêtement à la mode ou les vacances transgressives ».

« N’écoutez pas ceux qui vous parlent de rêves et, au contraire, vous vendent des illusions : ce sont des manipulateurs de bonheur », a-t-il conseillé. « Chacun est un don et peut faire de la vie un don. Les autres, la société, les pauvres vous attendent », a-t-il ajouté, interrompu à plusieurs fois au cours de son discours par des cris et des applaudissements. À son arrivée dans le stade, le pape François a accompli plusieurs tours de papamobile dans le stade, une scène devenue rare en ces temps de pandémie.

« Arrosez vos racines »

Mais comme il l’a fait à plusieurs reprises depuis le début de son voyage en Europe centrale, dimanche 12 septembre, il a aussi abordé l’importance des « racines ». « Quelles sont vos racines ?, a interrogé le pape. Les parents et surtout les grands-parents : ils vous ont préparé le terrain. Arrosez vos racines, allez chez vos grands-parents, cela vous fera du bien : posez-leur des questions, prenez le temps d’écouter leurs histoires. »

Aux jeunes, il a aussi conseillé de se tenir loin des « forces destructrices » et autres « amplificateurs de négativité », qu’il a aussi surnommé les « professionnels de la plainte ». « Ne les écoutez pas, a exhorté le pape. Car la lamentation et le pessimisme ne sont pas chrétiens, le Seigneur déteste la tristesse et la victimisation. »

Loup Besmond de Senneville (envoyé spécial à Kosice, Slovaquie)