Pour renforcer sa campagne de vaccination contre le coronavirus, le Parlement zimbabwéen a interdit, mardi 14 septembre, aux fidèles non vaccinés contre le Covid-19 d’assister aux offices religieux.

Au Zimbabwe, « concernant les églises, le conseil des ministres a décidé que seuls les fidèles vaccinés pourront s’y rendre » a indiqué le gouvernement après s’être réuni, mardi 14 septembre.

Alors que la campagne de vaccination contre le coronavirus, entamée dans le pays au mois de février n’a pas encore atteint les objectifs fixés par les autorités sanitaires, le Parlement zimbabwéen a pris une série de mesures en vue de la renforcer. Ces mesures qui interdisent certains lieux aux personnes non-vaccinées, concernent désormais les lieux de cultes.

Il y a quelques jours, ce pays du sud de l’Afrique rendait le vaccin contre le Covid-19 obligatoire pour les fonctionnaires et les enseignants. « Si vous êtes employés par le gouvernement, pour la protection des autres et de ceux que vous servez, faites-vous vacciner ! », avait déclaré le ministre de la justice, Ziyambi Ziyambi, sur une radio locale. « Mais si vous voulez faire valoir vos droits » à ne pas être vacciné, « vous pouvez démissionner », avait-il ajouté.

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Cette obligation vaccinale s’est également étendue aux personnes qui souhaitent vendre sur les marchés, faire du sport en salle, se rendre au restaurant et passer des examens universitaires.

Atteindre 10 millions de personnes vaccinées

Le Zimbabwe, qui compte plus de 15 millions d’habitants, a reçu 11,8 millions de doses de vaccin provenant d’achats et de dons depuis le début du programme vaccinal gouvernemental. Le pays s’appuyait jusqu’ici sur des vaccins produits en Chine, en Inde et en Russie, mais il a récemment approuvé en urgence le vaccin Johnson & Johnson. Selon le ministère de la santé, au moins 1,9 million de personnes étaient entièrement vaccinées au 13 septembre sur les 10 millions que l’État vise pour atteindre l’immunité collective.

Pour ce faire, les autorités qui veulent relancer l’économie du pays, prennent plusieurs décisions en faveur de la vaccination obligatoire, exaspérant par la même occasion une partie de la population. Au mois d’août, le Zimbabwe Congress of Trade Unions, le plus grand syndicat de travailleurs, a poursuivi l’État et plusieurs entreprises en justice pour avoir rendu obligatoire la vaccination pour les employés qui souhaitaient se présenter au travail. Aux yeux de ce syndicat, les statuts du pays ne prévoient pas de vaccination obligatoire.

Voisin de l’Afrique du Sud, le pays le plus touché du continent par la pandémie de Covid-19, le Zimbabwe a recensé plus de 126 300 cas de coronavirus et au moins 4 543 morts depuis le début de la pandémie.

Guy Aimé Eblotié (avec AFP)