Comme tous les dimanches, La Croix Africa reprend le commentaire extrait du missel « Prions en Église Afrique », édité par Bayard Africa. En ce vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire de l’Année B, nous vous proposons la méditation du Père Pascal Sorgho, religieux rédemptoriste à Fada N’Gourma (Burkina Faso).

Les rivalités, les conflits, les guerres, le terrorisme semblent les choses les mieux partagées dans nos pays africains. Les lectures du jour dépeignent ce constat malheureux. La nécessité de la paix et de la stabilité se pose comme une exigence pour l’accueil de Dieu.
Le livre de la Sagesse nous présente un cas de complot orchestré par des gens qui méditent le mal et veulent à tout prix éliminer la vie d’un juste pour ses propos dérangeants. Saint Jacques s’empresse de révéler la source de ces comportements : « Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre. » Ce sont ces vices qui avaient poussé les apôtres à se disputer pendant que Jésus leur parlait de sa passion et de sa mort.

Le désir de la grandeur et du pouvoir a toujours gagné le cœur des hommes. Les disciples imaginent déjà la prise du pouvoir à Jérusalem par Jésus et ils ambitionnent se distribuer déjà les « portefeuilles ministériels » au sein du futur « gouvernement » dont leur Maître est supposé être le « président ». Certes, les ambitions sont nobles mais la réalité doit être autre: « Se faire le serviteur de tous, c’est-à-dire, être le dernier de tous, selon les critères de ce monde» et non être serviteur de son propre ventre, pour sa famille ou ses amis. Joignant le geste à la parole, Jésus leur présente un enfant, symbole de la vulnérabilité, de la petitesse, de la pauvreté et de l’exclusion, mais aussi, signe de la grandeur devant Dieu. Sommes-nous prêts à entrer dans cette logique d’humilité inouïe de Dieu ?

Nous sommes si aveuglés par nos passions, nos intérêts égoïstes que nous n’hésitons pas à justifier nos mauvais comportements et nous faire bonne conscience. Sans doute, ne nourrissons-nous pas tous des ambitions démesurées au niveau matériel ou professionnel, politique ou social ?

Demandons au Seigneur de nous éclairer sur nos compromissions avec l’esprit mauvais pour renoncer à toutes formes de vaine gloire, pour ne chercher un autre honneur et une autre richesse que le service des plus pauvres.

Père Pascal Sorgho
Religieux Rédemptoriste
Fada N’Gourma (Burkina Faso)