Le père Émile Kélignon est le secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire. À l’occasion du synode sur la synodalité qui s’ouvre le 17 octobre, il explique l’esprit de cette consultation et donne des informations sur sa conduite en Côte d’Ivoire.

La Croix Africa : Quelle est l’intention du pape François à travers l’organisation du synode sur la synodalité ?

Père Émile Kélignon : La 16e assemblée synodale que convoque le Saint-Père a pour thème : « Pour une Église synodale, Communion, Participation et Mission ». Dans ce libellé se dégage l’intention du pape. En convoquant cette assemblée synodale, le but clairement énoncé par le pape est de « faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, soigner les blessures, tisser des relations, et ressusciter une aube d’espérance ». Ça a un élan poétique, mais derrière cela c’est une invitation à descendre au niveau pratique des choses. Concrètement, à la lecture des documents que nous avons reçus, la question qui va inviter chacun des diocèses à une introspection, à un bilan pour rebondir, est libellée comme suit : « comment le marcher ensemble se réalise aujourd’hui ? ». Les diocèses ivoiriens n’ayant pas les mêmes sensibilités, les mêmes priorités pastorales, cette question vient interroger les plans pastoraux des églises particulières pour les ajuster au mieux au but poursuivi par le synode.

Comment l’Église ivoirienne prépare-t-elle ce synode ?

P. E. K. : Nous sommes au tout début. Nous avons reçu récemment les documents officiels qui nous mettent en mouvement. Conformément à ce qui a été demandé, nous avons déjà une équipe de contacts composée pour l’instant des deux secrétaires généraux de la Conférences des évêques catholiques de Côte d’Ivoire et du Secrétaire exécutif national chargé des médias. Cette liste reste à étoffer pour correspondre à l’esprit du synode, c’est-à-dire mutualiser et intégrer toutes les forces vives de l’Église : prêtres, religieux et religieuses, hommes, femmes et jeunes, membres des différents groupes et associations de fidèles. L’équipe de contact va récupérer les informations venant de Rome et voir comment faire un relais d’animation.

Comment les fidèles seront-ils associés aux réflexions de ce synode ?

P. E. K. : Lors de la visioconférence que nous avons eue le 15 septembre avec l’ensemble des évêques de l’espace francophone en Afrique, le président de la conférence épiscopale de Côte d’Ivoire (Mgr Ignace Bessi NDLR) s’est réjoui du thème du synode parce qu’il rejoint ce que nous avons commencé à vivre en Côte d’Ivoire et qui est structuré autour du plan stratégique dont les deux axes sont Communion et Autonomie.

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Le document préparatoire du synode est élaboré en 4 grandes parties à savoir : Appel à marcher ensemble ; une église constitutivement synodale ; à l’écoute des écritures ; et la synodalité en action : pistes pour la consultation du peuple de Dieu. C’est vraiment sur ce quatrième point qu’on ne devra pas se louper. Cette partie comprend quelques sous-chapitres avec notamment dix pôles thématiques. C’est la consultation du peuple de Dieu que les évêques devraient faire durant cette phase diocésaine qui va commencer le 17 octobre et s’étaler jusqu’à mi-avril 2022. Les évêques prendront en compte les aspirations des fidèles pour mieux affiner leur pastorale parce que comme dit le synode, tout part des fidèles et tout retourne aux fidèles. Il faut absolument qu’ils soient écoutés, entendus et pris en compte. Sur le mode de consultation des fidèles, à partir de ce que nous aurons reçu comme indications, nous allons adapter pour que cela soit plus proche de nos réalités. On peut, par exemple, recueillir les réactions à partir de questions que les fidèles pourraient travailler en Communauté Ecclésiale de Base, en groupe de prière, en association etc.

Mais pour cela, il faut déjà qu’ils soient informés de la démarche synodale. Il y a une première phase importante d’information qui doit être faite pour que les fidèles soient informés et sensibilisés à cette démarche importante de l’Église. Et dans ce sens, nous comptons sur les médias.

Recueilli par Guy Aimé Eblotié