À Abidjan, le père Akwadan nommé chapelain de sa sainteté


Le père Jean-Baptiste Danho Akwadan Tanon, responsable du Centre sainte Thérèse de Bingerville, dans le diocèse d’Abidjan, a été élevé au rang de chapelain de sa sainteté par le pape François. La nouvelle, annoncée samedi 27 juin par le diocèse d’Abidjan, a été fortement saluée par de nombreux prêtres et laïcs à Abidjan.

C’est une récompense de plusieurs années de service acharné dans le diocèse d’Abidjan, pour celui qui a célébré cette année 50 ans de sacerdoce. Samedi 27 juin, le pape François a décerné au père Jean-Baptiste Akwadan Danho Tanon, membre du clergé diocésain d’Abidjan et responsable du centre de retraite sainte Thérèse de Bingerville, le titre de chapelain de sa sainteté. « Il bénéficiera de ce fait du titre honorifique de Monseigneur » a précisé le diocèse d’Abidjan.

Ordonné prêtre le 1er mai 1970, le père Jean-Baptiste Danhon Akwadan Tanon, 79 ans, est le premier prêtre ébrié, un groupe ethnique qui borde la lagune d’Abidjan. À ses yeux, cette nouvelle qu’il a accueillie « avec étonnement », est un honneur pour la centaine de prêtres issus de son groupe ethnique. « Je me dis que j’arrive à la fin de ma vie, et me voir décerner un titre comme celui-là après avoir accompagné plus de 120 prêtres ébrié et 4 évêques de cette ethnie est un honneur, a-t-il confié à La Croix Africa. C’est plutôt pour eux que je suis fier, ces prêtres qui m’ont suivi dans le sacerdoce. Ils ne se sont pas trompés en me suivant. »

Qu’est-ce qu’un chapelain de sa sainteté ?

Le titre de chapelain de sa sainteté est un titre honorifique accordé par le pape à un prêtre ayant atteint l’âge de 65 ans. Il est décerné à un prêtre à la demande de son évêque ou par décision unilatérale du pape. Ce titre qui confère à celui qui le reçoit un certain nombre de privilèges est une façon pour l’Église de récompenser les bons et loyaux services des prêtres diocésains.

Sans être évêque, cette distinction permet néanmoins au prêtre qui la reçoit de bénéficier du titre de « monseigneur » et de porter la soutane ornée de violet et une ceinture de la même couleur.

Avant 2014, les prêtres qui recevaient cette distinction papale portaient le titre de prélat d’honneur de sa sainteté. Mais depuis 2014, dans la ligne de la réduction des privilèges et autres titres dans l’Église, le pape François a remplacé cette appellation par celle de Chapelain de sa sainteté et réservant le titre de prélat de sa sainteté aux membres du corps diplomatique et autres dignitaires du Saint-Siège.

Dans l’histoire de l’Église centenaire en Côte d’Ivoire, quelques prêtres avant le père Jean-Baptiste Akwadan, issus d’autres diocèses ivoiriens, ont reçu cette distinction. Il s’agit entre autres des pères René Kouassi, premier prêtre ivoirien, Denis Ayou du diocèse de Grand-Bassam (sud), Robert Atéa du diocèse de Gagnoa (ouest) ou, plus récemment en 2016, Anaclet Frindethie du diocèse de Yopougon, dans l’ouest d’Abidjan.

Officier dans l’ordre du mérite culturel

Curé dans plusieurs paroisses du diocèse, le père Akwadan a également inspiré d’autres jeunes devenus prêtres. Ils ont eux aussi accueilli la nouvelle avec une grande joie. « C’est un grand serviteur du Christ et de l’Église, qui s’est dépensé pour l’annonce de l’Évangile partout où il est passé », témoigne le père Joseph Milafany Yéo, vicaire à la paroisse Saint Michel archange de Kodioussou. « Je revis avec beaucoup de nostalgie ces moments où dans la sacristie des sœurs Marie Consolatrice, Mgr Akwadan m’entretenait sur les mystères de Jésus. Je suis persuadé qu’en ces moments de grande spiritualité, il m’a communiqué une partie de l’amour qu’il a pour Jésus », a-t-il poursuivi.

L’apport de Monseigneur Akwadan à la culture et la société ivoirienne a été salué, par ailleurs, par deux distinctions nationales : officier de l’ordre du mérite culturel et officier dans l’ordre national.

Guy Aimé Eblotié