À Conakry, les mosquées seront fermées après l’Aid-El-Adha


Le secrétaire général des affaires religieuses a fait une mise au point concernant la réouverture des mosquées dans la région de Conakry.

Dans la capitale guinéenne qui se prépare à célébrer l’Aïd-El-Adha, la fête du grand sacrifice – appelée Tabaski dans les pays d’Afrique de l’ouest– des appels à la réouverture définitive des mosquées ont fait réagir El hadj Aly Jamal Bangoura, le secrétaire général des affaires religieuses. « L’autorisation concerne uniquement la fête de Tabaski » a-t-il précisé, le 28 juillet, interrogé à ce sujet par le site d’information guinéen Africaguinee.com.

En Guinée, cette institution étatique a autorisé dans un communiqué du 23 juillet les fidèles musulmans à célébrer « spécialement les prières de la fête de Tabaski (L’Aïd-El-Adha) dans les mosquées et autres places désignées » le vendredi 31 juillet 2020 à 9 heures 30 mn.

Dans ce communiqué, El hadj Aly Jamal Bangoura a indiqué que cette décision a été prise « sur recommandation du Conseil Scientifique de la République de Guinée et sur instruction de son Excellence Monsieur le Président de la République, professeur Alpha Condé, fortement sensible à la bonne pratique de la foi religieuse des fidèles croyants de Guinée. »

« une décision insuffisante »

Mais cette décision exceptionnelle qui « concerne la zone du grand Conakry, les communes du Dubréka et Coyah, ainsi que les communes de Boké, Fria, Kindia et Macenta » a poussé certains guides religieux et fidèles musulmans à demander encore une fois la réouverture définitive des mosquées dans ces localités. « Autoriser les prières le jour de la fête de la tabaski est une bonne chose, mais cette décision est insuffisante » avait commenté, le 24 juillet, El hadj Mohamed Aly Soumah, l’imam de la grande mosquée de Kipé, un quartier de Conakry. « Les mosquées sont fermées alors que les gens vont au marché, les écoles sont rouvertes, les gares routières travaillent ; les gens sont dans les rues et beaucoup de personnes ont même cessé de porter les bavettes, a-t-il fait remarquer. Pourtant, personne ne va à la mosquée sans faire ses ablutions, ce qui implique de se laver les mains mais aussi le bras, le visage, les pieds… »

Des mosquées ouvertes depuis le 22 juin

La Guinée compte 7 183 personnes contaminées par le covid-19 dont 6 404 guéris et 46 décès au 29 juillet. Bien que la région de Conakry reste l’épicentre de l’épidémie, ces fidèles et guides religieux musulmans insistent pour la réouverture des mosquées comme c’est déjà le cas dans les 7 autres régions du pays.

Depuis le 27 mars en effet, dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, les autorités guinéennes avaient décidé la fermeture des lieux de cultes sur toute l’étendue du territoire national. À cette période, le pays qui enregistrait ses premiers cas confirmés de coronavirus avait mis en place un état d’urgence avec des mesures strictes pour freiner sa propagation.

Mais dans un message à la nation, lundi 15 juin, le chef de l’État guinéen avait annoncé des allégements aux mesures prises pour lutter contre la propagation du coronavirus en Guinée, dont « la réouverture à partir du 22 juin 2020, des lieux de culte exclusivement dans les préfectures qui n’ont pas enregistré de cas de Covid-19 pendant une période d’au moins 30 jours ». Cette réouverture, avait-il précisé, sera subordonnée à la présentation par le ministère des affaires religieuses au gouvernement des mesures appropriées de prévention sanitaire.

Guy Aimé Eblotié