À Cotonou, les aumôneries diocésaines engagées aux côtés des groupes et associations de prière


Depuis deux ans, le diocèse de Cotonou a procédé à un réaménagement de la plateforme de ses aumôneries. Dans ce cadre, six nouvelles aumôneries ont été créées pour les adultes aux côtés de l’aumônerie de la jeunesse et celle de l’enfance missionnaire afin de mieux accompagner les groupes et associations de prières.

« Le projet de restructuration des aumôneries s’inscrit dans le cadre du déploiement du Plan stratégique d’action pastorale (Psap) initié depuis environ trois ans par le diocèse sous l’égide de Mgr Roger Houngbédji, notre archevêque. Cette restructuration prend en compte les groupes et associations de prière », explique le père Hyacinthe Zannou, vicaire épiscopal chargé du laïcat et des familles et coordonnateur des aumôneries dans le diocèse de Cotonou. Selon le père Zannou, « l’objectif était de susciter et/ou renforcer l’émergence d’une foi authentique chez les fidèles. Ceux et celles qui militent dans les groupes ou associations de prières sur les paroisses en l’occurrence ».

Après deux ans d’expérimentation de cette réforme qui détache des prêtres pour s’occuper exclusivement de ces six nouvelles aumôneries, le père Zannou fait un bilan positif : « cette restructuration permet un rapprochement entre les aumôniers et les responsables de ces groupes, mouvements et associations pour une meilleure prise en charge au niveau de la formation ainsi que du suivi de leur statut et règlement intérieur, les curés et vicaires sur les paroisses n’ayant pas toujours le temps nécessaire à accorder à ces groupes ».

Zoom sur quelques aumôneries à Cotonou

Parmi ces groupes et associations, l’on peut citer l’aumônerie des groupes de prière à dévotion mariale et l’aumônerie des associations et groupes de familles.

L’aumônerie des groupes de prière à dévotion mariale accompagne une vingtaine de groupes. « Dès ma nomination en 2018 à la tête de cette aumônerie – renseigne le père Martin Ada – je me suis mis à aider les groupes qui ne disposent pas de statut et règlement intérieur à rédiger ces documents officiels ». En dehors de ces régularisations, le père Ada s’investit dans la formation. « Tous les 2e dimanches du mois, une formation théologique et dogmatique est dispensée à des membres de ces groupes par des prêtres spécialistes invités », renseigne-t-il avant d’ajouter : « les groupes de prière pullulent dans les paroisses sans aucun suivi véritable et rigoureux. Avec la restructuration, nous avons désormais un regard d’encadrement sur tous ces groupes en travaillant également à mieux les outiller par l’organisation de formations, sessions, retraites spirituelles, pèlerinages portant sur l’éveil de leur foi et la connaissance de leur charisme et apostolat ».

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L’approche au niveau de l’aumônerie des associations et groupes de familles est quasiment la même : « Notre aumônerie accompagne une quinzaine de groupes et associations de familles. Nous y assurons des enseignements, des récollections et des retraites et avons deux activités majeures qui rassemblent toutes les associations au niveau diocésain de façon annuelle : la célébration de la Sainte Famille et le pèlerinage diocésain des familles », explique le père Thierry Amoussou, l’aumônier. Quant au bilan de ces deux ans, ce prêtre estime qu’il est positif. « Les uns et les autres se réjouissent de l’avènement d’une telle aumônerie qui met à la disposition de ces groupes un aumônier consacré exclusivement à cette tâche et qui vit de près ce que partagent les laïcs dans ces groupes et associations », précise-t-il, sans toutefois faire mystère que ces aumôneries rencontrent également des difficultés.

Défis à relever

« Toute nouvelle organisation induit des difficultés de changement de comportement, reconnaît le père Zannou. Il y a des groupes qui accueillent favorablement ces changements mais d’autres ont encore des réticences voire des oppositions. La tâche des aumôniers n’est donc pas mince ».
« Certains considèrent la présence de l’aumônier comme gênante vu qu’ils avaient des habitudes ne nécessitant pas la présence d’une institution de tutelle, renchérit le père Amoussou. Je tâche alors de leur expliquer que l’aumônier n’est pas un gendarme ni un agent de renseignement mais juste un accompagnateur ». Pour sa part, le père Ada signale que certains groupes ne sont jusque-là pas enregistrés tandis que d’autres ne participent pas aux formations. À ses yeux, « le premier travail revient aux curés qui doivent sensibiliser leurs fidèles pour qu’ils entrent dans la vision de l’archevêque en ce qui concerne les groupes et associations de prière ».

Juste Hlannon (A Cotonou)