À Soubré, les religieuses Notre Dame du Calvaire redonnent vie à des orphelins et enfants abandonnés


À Soubré, dans le diocèse de San-Pedro, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire, les religieuses de la congrégation Notre Dame du Calvaire ont créé, depuis 2009, une pouponnière qui accueille des enfants orphelins de mère ou abandonnés.

Une douzaine de bébés d’un à deux ans et demi, tous en grenouillères, s’égaient. Certains s’essaient à la marche et les chutes fréquentes ne semblent pas les décourager. Yves, en grenouillère jaune, aime particulièrement les câlins. Geneviève qui ne tient pas encore correctement sur ses jambes, a déjà un caractère assez fort et une idée très claire de ce qu’elle veut. Comme leurs dix autres petits camarades, ces deux enfants sont pensionnaires de l’orphelinat Sœur Maria mis sur pied par la Congrégation des sœurs Notre Dame du Calvaire depuis 2009, au sein de la paroisse des Saints martyrs de l’Ouganda de Soubré, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire. La structure accueille, depuis cette date, des poupons dont les mères sont décédées à la naissance, ou en suite de couche, des orphelins de mère décédée pendant la période d’allaitement, des enfants malnutris qui ont besoin d’une réhabilitation nutritionnelle, des enfants abandonnés ou rejetés par leur famille.

Ces bébés sont recommandés aussi bien par les services sociaux, les acteurs de la protection de l’enfant que par un parent de l’enfant.

« Nous avons environ douze enfants. L’effectif se renouvelle, certains enfants rentrent en famille pour laisser la place à d’autres », explique Sœur Valérie Bouda, religieuse de Notre Dame du Calvaire qui travaille dans la structure.

« Commis »

« Il y a des enfants qui arrivent très malades et abandonnés. On a eu, par exemple, un enfant qui est arrivé très malade par le biais de l’action sociale, ajoute-t-elle. Nous l’avons soigné avec amour, il était presque rétabli puis nous l’avons perdu. C’était difficile mais nous avons vraiment fait de notre mieux ». Pour d’autres enfants heureusement, cela se passe mieux. C’est le cas de « Commis », du surnom d’un petit garçon de quelques mois abandonné par sa mère, une écolière qui avait peur des représailles de ses parents. « La jeune fille est allée déposer l’enfant au Commissariat. Elle disait que ses parents tueraient l’enfant. Le commissaire est venu lui-même nous remettre ce nourrisson. Il était tout chétif. Depuis, nous l’appelons’Commis’, diminutif de Commissaire ».

Tous ont finalement des histoires assez particulières. « Il y a eu le cas d’une dame venue déposer son enfant ici parce qu’elle ne pouvait pas s’en occuper. C’était son deuxième enfant avec le même homme. Elle disait qu’il ne s’occupait pas d’elle et qu’elle ne voulait pas d’un autre enfant dans ces conditions, se souvient sœur Valérie. Finalement, l’enfant a été adopté par un couple en Europe ».

Maintenir le lien

Aux côtés des sœurs qui gèrent l’orphelinat, Diane Marina Zonian aide-soignante, travaille d’arrache-pied pour le bien-être des orphelins. Cette mère d’un petit garçon est passionnée par les enfants d’où son choix de travailler à la pouponnière. « J’ai vu passer beaucoup d’enfants ici », confie-t-elle. « J’ai été marquée par un enfant métis qui a été déposé ici, il y a quelques années. Il est maintenant adopté par des parents européens. Il est même revenu nous voir ».

La structure maintient le contact avec les enfants, même après leur réintégration dans les familles. « Nous appelons en famille pour savoir comment ils se portent », renseigne sœur Valérie.

La pouponnière est essentiellement financée par des dons. Les parents qui le peuvent participent aussi à hauteur de 15 000 CFA par mois (environ 23 €).

Lucie Sarr