À Yopougon, une méditation du rosaire dans les rues pour marquer l’ouverture du mois de Marie


Dans le diocèse de Yopougon, dans l’ouest d’Abidjan, un prêtre et une dizaine de fidèles ont défilé le 1er mai dans les rues de leur paroisse pour marquer l’ouverture du mois de mai, mois de Marie. Ils ont récité le rosaire et chanté des chants à la Vierge.

Pour ouvrir le mois de mai, mois dédié à Marie dans l’Église catholique, l’aumônier de la pastorale diocésaine des jeunes du diocèse de Yopougon, et certains fidèles ont fait le tour du territoire paroissial de saint Jean-Baptiste, en récitant les mystères du rosaire et chantant des hymnes à la Vierge. « Nous avons mené cette action pour montrer d’une part que même si nous sommes confinés, la voix de l’Église ne peut pas l’être, explique le père Franck Hermann Soko, également vicaire dans cette paroisse située dans l’ouest d’Abidjan. Les gens avaient l’habitude de se déplacer pour venir à l’église, c’est maintenant le tour de l’église de se déplacer vers elles à travers des moyens que le Seigneur nous offre. »

Tels des pèlerins en chemin, le prêtre et une dizaine de paroissiens membres de la pastorale paroissiale des jeunes ont prié la Vierge, vendredi 1er mai, en sillonnant les rues du territoire paroissial, équipés d’un petit matériel de sonorisation que portait l’un d’eux sur le dos.

En raison des mesures sanitaires de lutte contre le coronavirus, chacun porte son cache-nez, et se tient à bonne distance de l’autre tout au long de l’activité. « Avant de partir dans les rues, nous organisons un petit rassemblement en paroisse en tenant compte des mesures sanitaires fixées par les autorités, fait savoir l’aumônier. Pendant ce temps, nous faisons de la louange, l’invocation de l’Esprit Saint qui est le principal protagoniste de cette mission, et nous demandons le secours de Marie notre mère. »

« Montrer notre amour pour Marie »

Le vendredi 1er mai, le père Soko et ses paroissiens rééditaient ainsi une action qu’ils avaient déjà faite le samedi 11 avril, samedi de la semaine sainte, dédié à la Vierge Marie. « L’idée m’est venue dans la nuit du Vendredi saint au samedi saint, révèle-t-il. Nous avons voulu marquer cette journée dédiée à Marie, notre Dame de l’espérance qui attend la résurrection de son fils. Avec l’accord du curé, tout s’est mis en place. J’ai invité quelques jeunes à vivre cette expérience avec moi. »

Les jeunes, très heureux d’avoir participé à cette prière, ont demandé qu’elle soit organisée à l’ouverture du mois marial de mai. « C’est une belle expérience qui nous permet, à nous aussi, d’investir les rues et de montrer notre amour pour Marie, témoigne Arnaud Fidèle Kouassi, le président de la pastorale paroissiale des jeunes. En général, les catholiques sont très discrets et expriment leur foi dans les paroisses, mais nous étions heureux d’être dans les rues en récitant notre rosaire. »

« L’Église est sortie ! »

Parmi les nombreux témoignages de gratitude liés cette activité, l’aumônier s’est dit particulièrement touché par celui d’une paroissienne qui, en les voyant défiler avec leurs chapelets, s’est écrié : « enfin, l’Église est sortie, merci ! »

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Aux yeux du prêtre, ces paroles sont un signe que les fidèles confinés dans leurs maisons ont besoin d’entendre la voix de l’Église. « L’Église peut venir à eux par divers moyens, car Dieu suscite toujours des moyens pour venir à l’homme. »

Guy Aimé Eblotié, à Abidjan