Un missionnaire témoigne de l’arrivée du coronavirus à Haïti : « Le mal que personne ne désirait est arrivé dans le pays »

« Il suffit de voir ce qui se passe dans la rue. Ce qui arrivera sera catastrophique vu que la population vit sa vie au jour le jour et qu’elle ne dispose pas des éléments essentiels pour affronter ce virus. Le mal que personne ne désirait est arrivé dans le pays. »

Aucun mort n’est pour l’heure à déplorer à Haïti, mais 15 cas de COVID-19 ont déjà été confirmés. Alors dans ce pays où plus de la moitié de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, « le moment est grave », comme l’annonçait hier la ministre de la Santé publique et de la Population, Marie Gréta Roy Clément.

« Le moment est grave, des jours plus sombres nous attendent. »

Le Père Renold Antoine est missionnaire à Haïti. Dans une lettre écrite à Fides, il témoigne d’une situation qui deviendra « catastrophique ».

« Il suffit de voir ce qui se passe dans la rue. Ce qui arrivera sera catastrophique vu que la population vit sa vie au jour le jour et qu’elle ne dispose pas des éléments essentiels pour affronter ce virus. Le mal que personne ne désirait est arrivé dans le pays. »

La simple pratique des gestes barrières semble complexe dans ce contexte.

« L’eau propre n’existe nulle part pour se laver les mains comme cela est nécessaire. L’énergie électrique est absente dans les maisons et il n’existe pas même d’hôpitaux. De nombreuses personnes vivent dans la rue. Il est par suite très difficile de demeurer à un endroit précis. En tant que Rédemptoristes, nous offrons notre aide non seulement spirituellement mais aussi matériellement en positionnant des réservoirs d’eau dans certains endroits de manière à ce que les personnes puissent au moins se laver les mains. Nous partageons aussi la nourriture avec les plus pauvres. »

C’est donc à la prière qu’il en appelle.

« Que le Seigneur ait miséricorde du pays et de sa population parce que nous ne disposons pas d’une infrastructure sanitaire permettant d’affronter une crise semblable ! »

La prière, c’est également la réponse trouvée par Louis Naud Pierre, enseignant et chercheur à Port-au-Prince. Ses propos, repris par France Inter, témoignent d’un « climat de panique ».

« Il y a un climat de panique. La population est exposée aux images qui viennent de partout dans le monde, surtout celles de personnes qui sont à l’hôpital et qui souffrent ou encore d’images de morts. La réponse à cette peur est souvent la prière. Chacun cherche la protection qu’il ne trouve pas au niveau de l’organisation de la société. »

Jean-Hugues Henrys est épidémiologiste. Il fait partie de la cellule scientifique mise en place par le gouvernement. Dans les colonnes du média haïtien Le Nouvelliste, il préconisait la « créativité », « l’inventivité » et la « solidarité ».

« Il nous faut trouver des réponses adaptées à la réalité du pays et à ses propres ressources. Nous devons faire preuve de créativité, d’inventivité et de solidarité pour faire face à ce qui nous attend. […] On doit prendre le temps d’analyser froidement l’évolution de la situation selon les caractéristiques du pays et prendre les meilleures décisions possibles. »

Samedi, le gouvernement a annoncé l’achat de 18 millions de dollars d’équipement auprès de la Chine pour lutter contre le COVID-19.

M.C.

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