PERSONNAGES BIBLIQUES. Le père Alexandre Kabera est prêtre du diocèse de Kigali au Rwanda et bibliste. En mission au Canada, il est membre de l’Association catholique des études bibliques au Canada (Acebac), et auxiliaire à l’enseignement à l’Université Laval au Québec. Il collabore également aux Œuvres Pontificales du Canada francophone.

Dans ce texte, il présente Adam, le premier homme dans la Bible.

père Alexandre Kabera du diocèse de Kigali au Rwanda, bibliste/DR

Adam est le premier homme, au sens d’être humain, créé par Dieu. D’après le livre de la Genèse, au sixième jour de création, Dieu créa l’homme. Nous avons deux récits de la création. Premièrement, « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme, il les créa » (Genèse 1, 27). Le temps du verbe en hébreu employé, « barah » pour dire « créa », est l’imparfait. Cela indique que l’état inauguré de l’œuvre de la création demeure. De plus, l’auteur du récit fait ressortir la distinction de deux sexes, comme ayant existé dès l’entame dans deux personnalités distinctes. Il écrit : « Il les créa », et non « il le créa ». Adam est le nom générique du premier humain.

Création

Dans le second récit de la création, « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant » (Gn 2, 7). Cette version insiste sur la vie dans le jardin d’Eden, une vie au paradis. Il y sera heureux, avec la femme, Eve, dont nous reparlerons. Mais une question se pose : qui a donné le nom d’Adam au premier couple humain ? Au chapitre 5, l’auteur donne la réponse ; « Il créa l’homme et la femme, il les bénit, et il les appela du nom d’homme, lorsqu’ils furent créés. » (Genèse 5, 2).
Le prénom Adam possède deux sources étymologiques. Il vient du terme « adama » en hébreu qui signifie « fait en terre rouge« . Adam viendrait d’Adama (la terre). Selon les Babyloniens, le prénom Adam signifiait également humanité. L’humain vient de la terre et il retourne dans la terre. Comme dit le psaume, « Les humains ne sont que chair, un souffle qui s’en va sans retour » (Psaume 77). En même temps, l’humain est l’une des merveilles de la création sinon la plus belle : « Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils d’Adam, pour que tu en prennes souci ? » (Psaume 8, 5).

Vérité de foi

L’existence du premier homme dont nous descendons tous, est une « vérité de foi ». Comme le premier couple a péché et a connu la chute, la tradition catholique en parle en termes de péché originel. Mais cet humain fut sauvé par la mort et la résurrection du Seigneur Jésus, le Nouvel Adam. C’est l’œuvre de la rédemption. Jésus a pris notre humanité pour nous unir à sa divinité. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle ». (Jean 3, 16).

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Adam, comme source de cohabitation religieuse

Puisque les croyances juives, chrétiennes et musulmanes reconnaissent Adam comme le premier homme créé par Dieu, l’ancêtre de l’humanité, cela devrait être pour nous aujourd’hui source de cohabitation religieuse pacifique. En effet, nous sommes tous fils et filles d’Adam. À l’heure des conflits incessants en Afrique et ailleurs dans le monde, sur base ethnique ou régionale, conflits qui culminent en guerres, génocides et massacres, il nous faut redécouvrir nos origines et revenir à nos racines. Nous sommes tous et toutes membres d’une même famille humaine. Dans nos corps circule du sang rouge et nous respirons le même souffle pour pouvoir marcher sur la terre des vivants.

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Tous les humains nous sommes issus de la même main de notre Dieu créateur. Nous sommes des voyageurs et des étrangers sur terre. À la fin de notre voyage sur terre, les mêmes mains du Très-Haut vont nous accueillir. Mais tant que nous marchons sur la terre des vivants, vivons notre fraternité humaine. Notre terre est une maison commune pour tout le monde. Notre planète est notre héritage. De cette pensée nous viennent les implications écologiques et surtout le respect de l’environnement.

L’appel de notre Seigneur Jésus à vivre heureux sur terre en marchant sur le chemin des béatitudes, tel qu’il est écrit en Matthieu chapitre 5, revient à une invitation à devenir plus humain, tout simplement. La paix, le pardon, la miséricorde, la justice, sont les piliers d’une humanité renouvelée, et d’un monde meilleur.

Père Alexandre Kabera