Des fidèles en prière/DR

La Fédération des associations islamiques du Burkina (Faib) a annoncé, le 2 mai, la réouverture des mosquées sur toute l’étendue du territoire national, avec l’accord des autorités gouvernementales. L’organisation musulmane avait expressément fait la demande au ministre burkinabè en charge des cultes le 20 avril, en prélude au mois de Ramadan.

En cette période de Ramadan, une bonne nouvelle pour les musulmans burkinabè : ils ont été autorisés par le ministre des cultes à rouvrir les mosquées, le 2 mai. « Le ministre en charge du culte a autorisé ce jour, 2 mai, la réouverture des lieux de culte, a écrit la Fédération des associations islamiques du Burkina (Faib) dans un communiqué. Par conséquent, la Faib annonce la réouverture des mosquées à partir de ce jour sur toute l’étendue du territoire national. »

Au Burkina Faso, les mosquées avaient été fermées depuis le 20 mars par le Faib dans le cadre des mesures sanitaires prises par les autorités gouvernementales pour freiner la propagation du coronavirus. Un mois plus tard, et à quelques jours du début du mois de Ramadan, la Faib qui revendique 276 associations avait adressé un courrier à son ministère de tutelle pour obtenir l’autorisation d’ouvrir les mosquées. Pour l’organisation religieuse la réouverture de ses lieux de culte est une « réponse à la lettre de la Fédération des associations islamiques du Burkina (Faib) en date du 20 avril 2020 ».

Bruyantes manifestations

Cette décision intervient suite à de bruyantes manifestations de musulmans qui réclamaient la réouverture des mosquées. Ceux-ci ont pris d’assaut, le 2 mai, le siège de la Fédération des associations islamiques pour manifester leur mécontentement. « Le mouvement d’humeur de ce matin était conduit par une soixantaine de personnes, ce sont des musulmans qui ont soif de leurs mosquées, a expliqué El Hadj Boubacar Yugo, le président du Faib. Nous les avons reçus et écouté leur message. Mais il fallait que ce soit le gouvernement qui donne l’autorisation officielle et c’est ce qui a été fait aujourd’hui. »

La Fédération avait en effet eu une rencontre le jeudi 30 avril avec le ministre en charge du Culte qui lui a demandé de « patienter encore un ou deux jours, précise l’imam, le temps de mettre à niveau les mosquées conformément aux mesures barrières préconisées par le ministère de la santé ».

Conditions

Prier dans les mosquées alors que subsiste la menace du Covid-19 devra se faire dans le strict respect des mesures barrières édictées par l’organisation religieuse, prévient-elle, dans son communiqué. Le pays compte officiellement 662 cas confirmés de coronavirus dont 45 morts et 540 guéris au 2 mai, et malgré la baisse importante de personnes atteintes du coronavirus dans le pays depuis le 30 avril, les responsables du culte musulman se disent conscients des risques de contamination. Ils ont ainsi décidé entre autres la « désinfection régulière des mosquées, le lavage et la désinfection des mains avant d’accéder à la mosquée, la prise de température par thermo flash à l’entrée des mosquées, le port obligatoire des masques ou cache-nez, interdiction de serrer les mains, la distanciation physique, etc. »

La Fédération recommande en outre l’utilisation des tapis individuels, la libération immédiate des mosquées après chaque prière et l’abstention de participer à la prière en groupe pour toutes les personnes qui présentent des symptômes du Covid-19 (toux, rhume, maux de gorge, mal de tête etc.) Les imams et prêcheurs des mosquées doivent mener des sensibilisations contre le coronavirus et afficher des messages de préventions dans les lieux de culte.

Guy Aimé Eblotié