L’incinération d’amulettes et objets magiques et cultuels traditionnels dans la cour de la paroisse Saint-Pierre de Gounghin, dans le diocèse de Ouagadougou, le 20 avril a déclenché une vive polémique au Burkina Faso.

Mercredi 28 avril, des associations de défense des patrimoines culturels et cultuels burkinabè ont porté plainte au tribunal de grande instance de Ouagadougou.

« Nous dénonçons la « satanisation » d’une communauté religieuse, dans les lieux de culte des religions importées. Une forme d’atteinte à l’honneur de la religion traditionnelle, une forme de campagne de dénigrement qui choque ; c’est du vandalisme religieux », s’insurge Linhué Imhotep Bayala –Serge Bayala à l’état civil.

Président de l’association de défense de protection du patrimoine culturel et cultuel africain, « Deux heures pour nous et deux heures pour Kamita », il se dit « déchristianisé et retourné à la religion traditionnelle ».

En compagnie d’autres défenseurs des cultes traditionnels africains, il a porté plainte, mercredi 28 avril, contre la paroisse Saint-Pierre de Gounghin pour « profanation par incinération de biens et patrimoine culturel, atteinte à la dignité d’une communauté religieuse (Traditionalistes-Animistes), diffamation d’un groupe religieux et médiatisation d’acte de vandalisme religieux ».

Prière et incinération d’objets

À l’origine de cette indignation et de cette plainte, un événement qui s’est déroulé le 20 avril 2021, à la paroisse Saint Pierre et Saint Paul de Gounguin, dans le diocèse de Ouagadougou. Le curé, le père Joanny Koama, n’a pas souhaité s’exprimer sur ce sujet, en revanche, un des paroissiens, Guy Sanou, raconte. « C’était à l’entame du temps de Carême, l’équipe des prêtres de la paroisse a demandé aux fidèles qui ont placé leur confiance en autre chose que le Christ de revenir à leur engagement de baptême en se dessaisissant de tous supports de protection non chrétiens. Des dispositions ont été prises pour que ces objets soient déposés dans la discrétion et en toute liberté ».

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D’après Sanou, c’était surtout des amulettes et objets magiques librement apportés par des catholiques qui avaient été brûlés dans la cour de la paroisse et non des fétiches vénérés par des adeptes des religions traditionnelles, comme l’avait rapporté la presse.

Plainte

Les contestataires ont saisi la justice « dans un but pédagogique », a précisé Linhué Imhotep Bayala. Ils attendent la décision de la justice pour décider de la suite à donner à cette histoire. Contactés Mgr Médard Ouédraogo, auxiliaire de Ouagadougou et le ministre des cultes Clément Ouédraogo n’ont pas souhaité commenter cette actualité. Le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou, pour sa part, n’exclut pas de faire un communiqué si la polémique perdure.

Kamboissoa Samboé (à Ouagadougou)