Au Burundi, les guides religieux prient pour le nouveau président


Jeudi 18 juin, Évariste Ndayishimiye a prêté serment comme chef de l’État burundais.

À cette occasion, il s’est agenouillé devant les guides des principales confessions religieuses pour recevoir leurs bénédictions.

« Devant Dieu le tout-Puissant, devant le peuple burundais, seul détenteur de la souveraineté nationale, moi Évariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi, je jure fidélité à la Charte de l’Unité nationale, à la Constitution de la République du Burundi, et à la loi ». Ainsi a prêté serment, jeudi 18 juin, le nouveau président burundais, Évariste Ndayishimiye, 10 jours après la mort de son prédécesseur Pierre Nkurunziza devant des milliers de personnes réunies au stade Ingoma de Gitega.

Prière de bénédiction des chefs religieux

À genoux devant les dignitaires des principales confessions religieuses : catholique, anglicane, musulmane, le nouveau président a reçu la prière de bénédiction de Mgr Simon Ntamwana, archevêque de Gitega. « Soyez toujours prêt à recevoir la sagesse du Seigneur à l’instar de Salomon, a commencé le religieux catholique. Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! Soyez en sûr, vous êtes le fils de Dieu, capable de procurer la paix aux Burundais, vous savez à quel point nous en avons besoin, donnez-nous la paix, cherchez-la avec tout votre être », a-t-il encore insisté, ajoutant plus loin : « Que le Seigneur vous éclaire pour que vous fassiez du bien au Burundi, que vous affermissiez l’amour parmi les Burundais. Rapatriez les réfugiés, pour que ces intelligences à l’étranger rentrent nous aider à combattre la misère dans laquelle le Burundi est tombé, pour qu’elles mettent leur génie au service du développement ». Il a également exhorté le nouveau président à rétablir de « bonnes relations avec l’extérieur » pour le bien des Burundais.

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La réponse d’Évariste Ndayishimiye n’a pas tardé. Réaffirmant sa détermination à œuvrer pour la dignité de ses compatriotes, il a mis en garde la communauté internationale contre l’ingérence dans les affaires intérieures de ce pays de 11 millions d’habitants désormais classé parmi les trois les plus pauvres du monde.

L’épiscopat burundais et Pierre Nkurunziza

Depuis le troisième mandat de Pierre Nkurunziza en 2015, les relations étaient tendues entre l’épiscopat et le parti présidentiel. Les évêques s’étaient en effet opposés à ce que Nkurunziza brigue un troisième mandat jugé anticonstitutionnel. En septembre 2019, à huit mois des élections générales, dans une lettre pastorale, lue dans toutes les églises du pays, ils avaient durement critiqué l’ex-président, l’accusant de confondre le parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), avec l’administration.

Le 26 mai après la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) l’épiscopat burundais avait dénoncé de nombreuses irrégularités. Il avait toutefois félicité le nouveau président quelques jours plus tard, le 5 juin après la publication par la Cour constitutionnelle, des résultats définitifs.

Lucie Sarr