Au Congo, les mosquées et certaines églises resteront fermées


Samedi 20 juin, le premier ministre de la République du Congo a annoncé le deuxième palier du déconfinement qui autorise la reprise des activités dans les lieux de culte à partir du 23 juin avec un nombre maximum de 50 personnes. Le président du Conseil supérieur islamique du Congo préfère que les mosquées restent fermées. Les églises non reconnues par l’État resteront elles aussi fermées.

« Le protocole sanitaire limitant le nombre de personnes ne peut pas permettre aux musulmans de renouer avec la prière dans les mosquées. Je vous demande de ne pas les ouvrir afin d’éviter toutes les bavures ou dérapages », a déclaré El Hadj Djibril Abdoulaye Bopaka, le président du Conseil supérieur islamique du Congo, réagissant aux conditions de réouverture des lieux de cultes annoncées par les autorités.

Cette réouverture des lieux de culte est conditionnée par le respect des mesures barrières contre le Covid-19, indiquait le 20 juin le premier ministre, Clément Mouamba. Il s’agit en effet « du port obligatoire de masque, la distanciation physique, des regroupements ne dépassant pas cinquante personnes… »

S’adressant aux imams à ce propos, le président du Conseil supérieur islamique du Congo, El Hadj Djibril Abdoulaye Bopaka, a estimé, le 23 juin, qu’il n’est pas possible de décider de qui doit prendre part au culte et qui doit être renvoyé pour respecter le nombre plafond de personnes autorisées pour la prière.

Églises non reconnues

Un arrêté signé du ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, et publié le 24 juin à Brazzaville, précise que seules les églises officiellement reconnues par l’État seront ouvertes et que tous les lieux de culte ayant précédemment fait l’objet d’une mesure de suspension non levée demeurent fermés.

Les lieux de culte qui fonctionnaient jusque-là sans autorisation et qui n’ont engagé aucune procédure de reconnaissance devant l’administration compétente doivent donc rester fermés.

Par ailleurs, pour les églises dont la réouverture est autorisée, les personnes qui assurent les services de protocole sont tenues de porter des gants en plus des masques. Un dispositif de lavage des mains est exigé à l’entrée des lieux de culte qui doivent systématiquement être désinfectés avant chaque office.

L’arrêté du ministre de l’intérieur interdit aux fidèles d’imposer les mains dans ce contexte d’état d’urgence sanitaire par respect de la mesure de distanciation physique qui bannit tout contact. Les nuisances sonores sont également interdites. « Tout contrevenant aux prescriptions édictées par le présent arrêté est passible d’une amende de 50 000 FCFA avec fermeture immédiate du lieu de culte », souligne l’arrêté du ministère de l’intérieur.

Guy Aimé Eblotié (avec Agence d’information d’Afrique centrale)