Au Malawi, l’épiscopat invite les électeurs à « sauver » leur pays par le vote


Au Malawi, 7 millions d’électeurs se sont de nouveau rendus aux urnes mardi 23 juin, un an après l’élection présidentielle controversée puis annulée du 21 mai 2019.

Peter Mutharika, 79 ans, affrontait une nouvelle fois le chef de l’opposition Lazarus Chakwera, 65 ans.

Dans une lettre pastorale publiée le 24 mai, les évêques malawites avaient invité les populations à « sauver le Malawi » par leur vote.

« La tâche la plus urgente qui nous attend est de choisir un dirigeant qui puisse sauver le pays d’une nouvelle détérioration », avaient écrit les évêques du Malawi dans une lettre pastorale publiée dimanche 24 mai, un mois avant l’élection présidentielle du 23 juin et intitulée : « Appel pour une nouvelle ère au Malawi : un leadership au service des citoyens ».

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Dans cette déclaration, l’épiscopat insistait sur l’opportunité que représente cette élection de choisir un chef de l’État possédant des qualités comme l’honnêteté, le respect de la Constitution et de l’État de droit, etc. Selon eux, seul un tel président pourrait sauver le pays du chaos, de la division et de la pauvreté.

Élection annulée

Ce 23 juin, 7 millions d’électeurs sur les 21 millions d’habitants du Malawi, pays enclavé d’Afrique du Sud-est, se sont rendus aux urnes pour choisir leur président. Cette élection fait suite à celle de 21 mai 2019 annulée par la Cour Constitutionnelle en raison des fraudes massives.

Le président sortant Peter Mutharika, 79 ans, affrontait une nouvelle fois le chef de l’opposition Lazarus Chakwera, 65 ans. À l’issue du premier scrutin, la Commission électorale avait proclamé la victoire de Mutharika, au pouvoir depuis 2014, avec 38,57 % des suffrages, contre 35,41 % pour son rival Chakwera. Ce dernier soutenu par d’autres candidats malheureux a dénoncé des fraudes massives et organisé des manifestations dans les rues. Le 3 février, à la surprise générale, la plus haute juridiction du pays, la Cour constitutionnelle, a annulé cette élection en raison d’« irrégularités généralisées et systématiques ».

Lucie Sarr