Au Mali, le mouvement de contestation annonce une trêve pour préparer l’Aid-el-adha


Alors qu’une mission de quatre chefs d’États africains est attendue dans les prochains jours à Bamako, le Mouvement du 5 juin (M5) a annoncé une trêve, le temps de la célébration de l’Aïd-el-Adha, la grande fête musulmane du sacrifice, prévue fin juillet.

Au Mali –un pays majoritairement musulman–, le comité stratégique du Mouvement du 5 juin (M5) conduit par l’imam Mahmoud Dicko a « décidé d’observer une trêve au sujet de la désobéissance civile. C’est pour permettre aux Maliens de bien préparer et de célébrer la tabaski », a déclaré lundi 21 juillet à l’AFP Nouhoun Sarr, l’un des dirigeants du mouvement de contestation.

La fête de l’Aïd-el-Adha ou « grande fête » est appelée Tabaski dans les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale ayant une importante communauté musulmane. Elle commémore le récit bien connu du sacrifice d’Abraham. C’est le jour de la grande fête de l’islam, célébrée le 12e mois lunaire qui est également le mois du pèlerinage à la Mecque.

Cette importante fête religieuse musulmane sera célébrée cette année le 30 juillet, et « pendant cette période, il n’y aura plus de manifestations » a ajouté Nouhoun Sarr.

Quatre chefs d’États africains

Mais la fête de la Tabaski n’est pas la seule raison de cette trêve. « Comme vous le savez aussi, nous nous apprêtons à recevoir les chefs d’États », a révélé ce dirigeant de la contestation qui réclame depuis le mois de juin la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta alias IBK.

Après une délégation de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) conduite par Goodluck Jonathan, l’ancien président du Nigeria, les présidents de quatre pays d’Afrique de l’Ouest –Mahamadou Issoufou (Niger), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Macky Sall (Sénégal) et Nana Akufo-Addo (Ghana)– se rendront jeudi 23 juillet à Bamako pour tenter de trouver une issue à la crise sociopolitique que traverse le Mali, selon la présidence malienne.

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La délégation de la Cédeao a rencontré vendredi 17 juillet l’imam Mahmoud Dicko, optimiste quant à l’issue de leur médiation. « J’ai espoir que quelque chose de grand sortira de cette rencontre qui redonnera à notre pays sa grandeur », a-t-il confié au terme de cette rencontre où ils ont parlé « en frères et en Africains ».

Après le bilan de 11 morts et les nombreuses arrestations à la suite de la violente répression de la manifestation du vendredi 10 juillet, l’imam très influent au Mali avait appelé deux jours plus tard la jeunesse au calme et à la retenue. « Je demande, encore une fois, à la jeunesse malienne de faire preuve de retenue et de calme, nous pouvons vraiment trouver et obtenir tout ce que nous cherchons dans la patience, dans les bonnes manières. Évitons toute sorte de violences », avait-il réagi.

Pas de changement anticonstitutionnel

Sur la démission du président IBK, la mission conduite par Jonathan Goodluck a souligné dimanche 19 juillet qu’« aucune forme de changement non constitutionnel d’accession au pouvoir ne sera acceptée par la Cédéao ». Elle a recommandé la mise sur pied « de toute urgence » d’un gouvernement d’union nationale déjà suggéré, sans succès, par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta.

La Cédeao propose, en outre, la nomination d’une nouvelle Cour constitutionnelle chargée d’examiner en priorité le litige électoral autour des résultats des dernières législatives tenues en mars-avril, considéré comme l’élément déclencheur de la crise actuelle.

Lundi 20 juillet, selon l’AFP, les pourparlers diplomatiques se sont poursuivis loin des caméras. L’imam Dicko a reçu les ambassadeurs au Mali de la France, des États-Unis et de l’Union européenne, à qui il a déclaré que si les portes du dialogue restaient ouvertes, la gouvernance au Mali devait radicalement changer, selon des participants à la rencontre.

La Croix Africa (avec AFP)