Au Mali, l’imam Dicko appelle à la retenue et au calme


Au Mali, la contestation au président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a pris un nouveau tournant ces derniers jours. Entre vendredi 10 et samedi 11 juillet, au moins 11 personnes ont été tuées lors de manifestations.

L’imam Mahmoud Dicko, l’un des chefs de file de ce mouvement de contestation, appelle au calme.

« Je demande, encore une fois, à la jeunesse malienne de faire preuve de retenue et de calme, nous pouvons vraiment trouver et obtenir tout ce que nous cherchons dans la patience, dans les bonnes manières. Évitons toute sorte de violences », a réagi, dimanche 12 juillet, l’imam Mahmoud Dicko, parrain de la Coordination des mouvements et associations (Cmas) et l’un des principaux chefs de file du mouvement de contestation contre le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Vendredi 10 juin, pour la troisième fois depuis le 5 juin, le M5 (mouvement du 5 juin) organisait une manifestation de contestation du pouvoir sous l’égide de l’imam Dicko, de leaders de l’opposition malienne, des mouvements civiques. Cette fois-ci, pour la première fois, les forces de l’ordre ont violemment riposté face aux manifestants. Bilan, au moins 11 morts et 125 blessés.

Badalabougou

Certaines infrastructures ont été endommagées et de même que le siège du Rassemblement pour le Mali (RPM), le parti présidentiel à la commune 5 de Bamako. L’épicentre de ces tensions est resté le quartier de Badalabougou, où se trouvent la mosquée de l’imam Dicko mais également le siège de l’Union pour la République et la démocratie (URD), le parti de Soumaïla Cissé – opposant enlevé depuis plusieurs semaines – et le domicile de Manassa Diakono, la présidente contestée de la Cour constitutionnelle réputée proche du président IBK. Dimanche 12 juillet, de nombreuses personnes ont assisté aux obsèques de 4 manifestants tués la veille dans ce quartier où des jeunes ont érigé des barricades pensant que les forces de l’ordre procéderaient à des arrestations.

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Le président malien a réagi en annonçant la dissolution de la Cour constitutionnelle, l’une des principales demandes des manifestants. En outre, plusieurs membres du M5 arrêtés vendredi ont été libérés lundi 13 juillet. Parmi eux, les opposants Choguel Maïga, Kaou Djim mais aussi l’imam Oumarou Diarra proche de l’imam Dicko et qui avait dirigé la prière à la place de l’indépendance vendredi.

Condamnation de la communauté internationale

Pour leur part, les institutions sous-régionales internationales comme l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), les Nations Unis et l’Union européenne ont exprimé leur préoccupation face à cette crise tout en condamnant « toute forme de violence comme moyen de règlement de crise ».

Lucie Sarr