Au Mali, l’imam Dicko et le M5 n’exigent plus la démission d’IBK


Au Mali, le mouvement de contestation du 5 juin de l’imam Mahmoud Dicko et de ses pairs a renoncé, mercredi 1er juillet, à la démission du président Ibrahim Boubacar Keita comme préalable à une sortie de crise.

Au Mali, l’espoir d’un accord de sortie crise renaît après que le mouvement de contestation du 5 juin, le M5, a renoncé, mercredi 1er juillet, à son exigence portant sur la démission du président Ibrahim Boubacar Keita (IBK). Selon la presse malienne, c’est l’imam Mahmoud Dicko, chef de file de la contestation qui a œuvré pour cette avancée. Ces dernières semaines, cet influent imam a rencontré de nombreux diplomates internationaux issus d’institutions comme l’ONU, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Il a également été reçu par le président Keita.

Maintien sous conditions

Mais le mouvement de contestation ne concède le maintien du président que sous plusieurs conditions dont la première est la mise en place d’un gouvernement d’union nationale avec, à sa tête, un premier ministre issu de ses rangs et qui ne pourrait être démis par le chef de l’État.

Le mouvement ne renonce par contre pas à son exigence du renouvellement intégral des membres de la Cour constitutionnelle accusée d’avoir tripatouillé les résultats des dernières législatives. Quatre des membres de cette cour ont déjà démissionné mais sa présidente Manassa Danioko, proche d’IBK, résiste.

Cinq pays du Sahel et la France étaient, mardi 30 juin, réunis en sommet en Mauritanie. À l’issue de cette rencontre, ils se sont dits préoccupés par la situation au Mali et ont appelé au dialogue.

Divisions au sein du M5 ?

Ces dernières heures, sur les réseaux, l’imam Mahmoud Dicko a fait l’objet de critiques de certains internautes pour avoir renoncé à l’exigence de la démission d’IBK. De même, les spéculations vont bon train sur de présumées fissures au sein du mouvement de contestation. « Il n’y a eu aucune mésentente entre nous, a assuré, mercredi 1er juillet, Mohamed Aly Bathily, un des chefs du mouvement. Rien de ce vous avez entendu n’est fondé ».

Le mouvement a, par ailleurs, fixé un ultimatum au chef de l’État pour obtenir une suite favorable à sa demande : le 10 juillet. Après cette date, le mouvement se donnera « les moyens d’imposer la volonté des Maliennes et des Maliens par des rassemblements patriotiques sur l’ensemble du territoire », a menacé un autre de ses dirigeants, Choguel Maïga.

Lucie Sarr