Au Mali, l’imam Dicko exige la démission du premier ministre


L’imam Mahmoud Dicko, un des principaux responsables du Mouvement du 5 juin (M5-RFP), qui regroupe les opposants au président Ibrahim Boubacar Keïta, a exigé la démission du premier ministre Boubou Cissé le 27 juillet.

Après avoir obtenu, en avril 2019, le remplacement de l’ancien premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, l’imam Mahmoud Dicko exige maintenant la démission de son successeur Boubou Cissé.

Au cours d’une conférence de presse organisée, mercredi 27 juillet, Mahmoud Dicko s’est confié sur un entretien qu’il a eu, le 28 juillet avec le chef du gouvernement malien. « Je lui ai dit ce que je pense, a-t-il raconté à la presse. Je lui ai dit qu’aucun de mes membres n’entrera dans ce gouvernement et je ne demande à personne d’y entrer. Je lui ai dit de démissionner s’il veut qu’une solution soit trouvée à cette crise. Je lui ai dit d’aller remettre sa démission à son père (Président Ibrahim Boubacar Keïta) tout en lui disant qu’il peut être une solution pour la crise malienne et non un problème. »

Depuis le 5 juin, à l’appel de la Coordination des mouvements et associations (Cmas) – dont le parrain est l’imam Dicko, ancien président du Haut conseil islamique du Mali (Hcim)- et de l’opposition malienne, des milliers de personnes manifestent régulièrement à la place de l’Indépendance à Bamako pour exiger la démission du président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) et de son régime.

Échec médiations

Le 23 juillet, une mission de médiation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) composée de quatre chefs d’Etat, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Sénégalais Macky Sall, le Ghanéen Nana Akufo-Addo et l’Ivoirien Alassane Ouattara s’était heurtée à un mur.

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Toutefois, sous la direction de Mahamadou Issoufou, l’institution régionale a pris d’importantes décisions. Elle a d’abord exigé la démission de 31 députés contestés avant d’évoquer des sanctions contre tous ceux « qui tenteront d’entraver le processus de normalisation ».

Cela ne semble avoir troublé Mahmoud Dicko. « C’est un moment historique dans la vie de notre pays, a-t-il insisté lors de la conférence de presse du 29 juillet. Ceux qui croient que les décisions de la Cedeao vont nous dévier de notre objectif se trompent »

Lucie Sarr