Au Nigeria, l’évêque Joseph Masin libéré par ses ravisseurs


L’évêque protestant nigérian Joseph Masin, enlevé le 28 mai à son domicile dans l’État de Nasarawa, au nord du Nigeria, a été libéré et a pu rentrer chez lui le dimanche de Pentecôte.

Le révérend Joseph Masin, président de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN) pour l’État de Nasarawa, au nord du Nigeria, avait été emmené jeudi 28 mai dans la nuit par des inconnus armés.

Ses ravisseurs réclamaient une rançon de 50 000 dollars (environ 45 000 €), selon l’organisation. Selon le commissaire de police Bola Longe, du commandement de l’État de Nasarawa, il n’y aurait pas eu de paiement d’une rançon. Il a attribué le sauvetage de l’évêque protestant aux informations dont disposait le commandement de la police. L’évêque protestant a pu rentrer chez lui le dimanche de Pentecôte.

La CAN craignait que ce nouveau rapt ne fût le fait de Boko Haram, un groupe djihadiste qui, en janvier dernier, avait tué le pasteur Lawan Andimi, président de la CAN dans l’État d’Adamawa, au nord-est du pays. Ce pasteur aurait été tué parce que la communauté chrétienne locale n’avait pas l’argent pour payer la rançon exigée.

Une longue série de kidnappings

De plus, selon certaines sources, le pasteur Andimi aurait refusé de renoncer à sa foi en Christ. Il était apparu dans une vidéo demandant une rançon pour sa libération. Il avait ensuite été exécuté par ses ravisseurs.

L’enlèvement du révérend Masin s’inscrit dans une série de kidnappings de chrétiens pour extorsion d’argent, qui se sont multipliés au Nigeria ces deux dernières années.

En janvier 2020, quatre séminaristes catholiques avaient été enlevés au grand séminaire du Bon Pasteur à Kakau, dans l’État de Kaduna. Parmi eux, Michael Nnadi, 18 ans, a été exécuté par les terroristes, parce qu’il « ne cessait pas de prêcher l’Évangile ». Les trois autres avaient été libérés.

De même en 2019, neuf prêtres ont été kidnappés dans le seul État d’Enugu (sud) et deux autres dans l’État d’Ondo (sud-ouest). La plupart de ces otages ont été libérés, mais certains ont été tués, tel le père Clément Rapuluchukwu Ugwu, dans l’État d’Enugu.

Claire Lesegretain (avec Cath.ch)