Au Sénégal, incendie de la mosquée du village de Mbodiène


La mosquée du village de Mbodiène, situé dans le département de Mbour, a été ravagée par un incendie dans la nuit du 15 au 16 juin.

Dans la nuit du 15 au 16 juin 2020, la mosquée du village de Mbodiène, situé dans le département de Mbour (Ouest) a été ravagée par un incendie aux origines non encore élucidées.
L’imam, Moussa Sène, premier témoin des faits soutient que l’incendie a été volontairement provoqué.

Le guide religieux raconte qu’à son arrivée sur les lieux pour la prière du matin, la porte principale était entrouverte. « À mon arrivée vers 5 heures, j’ai trouvé la porte entrouverte. J’ai regardé pour voir s’il y avait quelqu’un et j’ai vu les flammes. Je suis allé réveiller les riverains. Nous ne pouvons que rendre grâce puisqu’il n’y a pas eu des pertes en vies humaines ».

Élan de solidarité

Moussa Sène a salué la compassion et l’élan de solidarité qui ont prévalu dans la localité quand les populations ont appris l’incendie. « Le maire de la localité et son premier adjoint n’ont pas tardé à arriver. La communauté chrétienne et la congrégation des Sœurs basée à Mbodiène, en particulier, sont venues compatir et apporter leur réconfort », a-t-il expliqué, avec reconnaissance.

Faisant l’inventaire des objets brûlés par l’incendie, l’imam précise qu’« une dizaine d’exemplaires du Saint Coran, le drap de la « wazifa », les nattes » ont été dévorés par les flammes de même que les masques offerts, dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus.
Les gendarmes de la Brigade de Joal-Fadiouth, dépêchés sur les lieux pour les constats, ont ouvert une enquête.

Sécurisation des lieux de culte

Le prédicateur et animateur de télévision Oustaz Assane Seck, après avoir déploré cet acte et apporté son soutien moral à l’imam de la mosquée, a appelé à la sécurisation des lieux de culte à l’image de ce qui se fait dans les lieux saints de la Mecque et de Médine, en Arabie saoudite.
Dans le même esprit, son collègue, Abdoulaye Ba, estime qu’à quelque chose malheur est bon car cet acte dans un lieu de culte devrait pousser les croyants à plus faire attention. « Nous devons faire très attention car les malfrats sont souvent tentés par ces endroits, en ce sens qu’ils sont souvent sans sécurité », souligne-t-il suggérant que des jeunes dans les quartiers sécurisent les lieux de culte moyennant une rémunération qui pourrait venir de la cotisation des populations.

Charles Senghor (à Dakar)