Au Sénégal, les conseils d’imams pour bien vivre son Ramadan dans le confinement

Des musulmans en prière. / robertharding. / fotolia
27 avril 2020 pas de commentaire

Le Ramadan, qui a débuté au Sénégal le samedi 25 avril 2020, se passe dans des conditions particulières à cause de la pandémie du coronavirus. Mais pour certains imams interrogés, cette situation peut être une occasion pour mieux vivre ce mois béni des musulmans.

Malgré la situation particulière, avec un confinement imposé par la pandémie du coronavirus, le Ramadan peut être vécu dans la prière et le recueillement.

Pour Moussa Fall, imam de la grande mosquée de Sacré-Cœur, un quartier de Dakar, il suffit d’opérer un réajustement dans l’organisation. « Il fallait déjà observer une préparation psychologique durant le mois de « cha’bân », qui précède celui du Ramadan pour une certaine adaptation. Car on est dans un mois particulier, avec un couvre-feu, des gens qui ne se fréquentent plus, la fermeture des mosquées », relève-t-il.

Le Sénégal est en effet confronté depuis plusieurs semaines à l’épidémie du Covid-19 qui a fait 671 cas. Des mesures strictes ont été adoptées par les autorités pour endiguer la propagation de la maladie. Parmi elles, la fermeture des lieux de culte.

Au sujet de cette nouvelle donne qui déteint sur les activités quotidiennes, notamment sur les prières à la mosquée et les conférences religieuses, l’imam assure que rester à la maison ne doit pas être considéré comme une « malédiction ». Mais, comme « un gain, une plus-value pouvant nous permettre de faire une introspection et d’entretenir des relations particulières avec Dieu, à travers la lecture du Coran à plusieurs niveaux », note-t-il. Dans les mosquées, suggère l’imam Fall, « nous pouvons procéder à la diffusion continuelle du saint Coran soit après chaque appel du muezzin, le matin, dans la journée ou dans la soirée. On peut le faire pendant 10 à 15 minutes pour aider les fidèles musulmans à s’imprégner davantage pendant ce mois béni ».

Rester en connexion

Aux yeux de l’imam Moussa Fall, il faut « reconnaître, que c’est une situation que nous jugeons difficile mais qui n’est rien d’autre qu’une bénédiction de la part d’Allah », qui invite à « l’endurance, à la patience, pour éviter les futilités et respecter les règles établies ». « Le plus important est de rester en connexion avec Dieu, notre créateur », renchérit l’imam Cissé. « Nous devons faire de ce moment une période d’intimité particulièrement plus profonde, nous permettant de nous rapprocher davantage de notre créateur », insiste-il.

A lire : Au Sénégal, l’association des imams invite à la suspension des prières dans les mosquées

Pour Oustaz Assane Seck, cette période de confinement peut être une occasion pour « se renforcer, se réconforter et se rapprocher de Dieu en lui rendant grâce en toutes circonstances ».

User d’ingéniosité

L’imam Moussa Fall suggère, quant à lui, aux fidèles d’user d’ingéniosité pour vivre pleinement le Ramadan. Pour ceux qui sont au niveau initiatique du Coran, ils doivent simplement se perfectionner, pour ceux qui maîtrisent déjà le Coran, ils peuvent essayer de le lire dans son intégralité à maintes reprises, chaque fois que l’occasion se présente. Il ajoute que ceux qui veulent comprendre le contenu du Coran à travers les commentaires, peuvent faire des recherches sur Internet. Aux imams qui avaient l’habitude d’animer des conférences religieuses publiques pendant cette période, le religieux les exhorte à utiliser les réseaux sociaux pour des conférences en live.

Pour ces imams, rester à la maison en cas de pandémie est même une recommandation du prophète Mohammed. Mieux, la prière que les musulmans font chaque jour à la mosquée pendant le Ramadan, après la rupture du jeûne « n’est pas obligatoire », précise l’imam Alioune Cissé.

Charles Senghor (à Dakar)

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