Au Togo, des chrétiens dénoncent la torture et soutiennent les victimes


Au Togo, des fidèles chrétiens et d’autres membres de la société civile ont participé, vendredi 26 juin, à la Nuit des veilleurs, un événement international de solidarité avec les victimes de la torture. Dans le contexte de la pandémie, les veilleurs ont aussi prié pour les victimes du couvre-feu instauré dans le pays.

À l’occasion de la journée internationale de soutien aux victimes de torture, le 26 juin, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat-Togo) a participé à une campagne internationale de solidarité, de méditation et de prières pour le soutien à ces victimes. Une campagne à laquelle ont pris part une trentaine d’associations membres de la fédération internationale, dite Fiacat.

Organisée cette année dans le contexte de la pandémie mondiale de Covid-19, les initiateurs « dénoncent le grave impact de cette crise sur les personnes détenues et les violations des droits humains que ces personnes subissent quotidiennement ».

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Cette année, les veilleurs ont chois pour thème «Le cri de Job : où donc est passée mon espérance ? ». Au Togo, l’événement a été précédé d’une campagne qui a consisté en des actions de sensibilisation, à travers des émissions sur les ondes de Radio Lomé, radio publique togolaise, et des chaînes privées, ainsi que sur les réseaux sociaux.

Solidarité envers les victimes d’injustice

Le vendredi 26 juin à partir de 18 h 30, temps universel, les membres de l’Acat-Togo avec d’autres fidèles et des organisations de la société civile ont observé vingt à trente minutes de méditation et de prières, « pour être en communion avec tous les veilleurs du monde entier », à défaut de pouvoir se réunir à cause de la pandémie de Covid-19. « La nuit des veilleurs a un double sens : nous prions pour les victimes de toutes formes d’injustices, dont la torture, et pour le changement de comportement des tortionnaires », indique Bruno Haden, secrétaire général de l’Acat-Togo.

Au cours de la nuit des veilleurs, cette association a également intercédé pour les victimes du couvre-feu, qui a été décrété par les autorités togolaises dans la riposte contre la pandémie, ainsi que pour le changement de comportement des auteurs des bavures policières. « Notre organisation, explique Bruno Haden, répond ainsi à l’appel de la Conférence des évêques du Togo qui dénonce, dans un communiqué de presse publié le 19 juin à l’issue de leur deuxième assemblée ordinaire de l’année en cours, une série de violences et d’assassinats récemment commis au Togo. »

Réduction de la surpopulation carcérale

De son côté, dans un communiqué diffusé le 26 juin, l’Acat-Togo constate que «si la crise, liée au coronavirus, a multiplié les initiatives de solidarité internationale et nationale et provoqué un fort émoi médiatique, elle a également exacerbé les difficiles conditions de vie des personnes privées de liberté et les violations des droits humains qu’elles subissent ».

Vu le contexte de la crise de coronavirus, certains pays couplent la gestion de la crise sanitaire avec le respect des droits humains en réduisant la surpopulation carcérale par la libération de certaines catégories de détenus. Ainsi, au Togo, 1 048 détenus sont libérés par une grâce présidentielle en date du 1er avril 2020. «Ces mesures, bien qu’insuffisantes, démontrent qu’il existe des solutions pour garantir le respect des droits des personnes détenues tout en les protégeant de la pandémie», note Bruno Haden.

Charles Ayetan, à Lomé