Au Togo, les évêques appellent à sauver les familles et à préserver les valeurs


Face aux menaces qui mettent en péril les familles, la Conférence des évêques du Togo interpelle l’opinion et exhorte à mettre « l’accent sur l’éducation, la préservation de des valeurs humaines, culturelles et chrétiennes ».

Quelques semaines après la diffusion par des élèves togolais de vidéos à caractère pornographique, la Conférence des évêques du Togo déplore « la crise morale qui secoue le monde », dans un communiqué publié à l’issue d’une session extraordinaire les 21 et 22 juillet à Lomé.
Dans ce communiqué signé par le père Émile Segbedji, porte-parole de la conférence épiscopale, les évêques ont condamné les atteintes aux mœurs et invitent « les parents, les éducateurs, les responsables religieux et les diverses institutions civiles et publiques à prendre au sérieux les menaces auxquelles font face les familles, en particulier les jeunes et les enfants ». Ils exhortent à mettre « l’accent sur l’éducation, la préservation de nos valeurs humaines, culturelles et chrétiennes ».

Préserver les valeurs fondamentales

L’épiscopat remercie les autorités du pays pour « leur fermeté face aux pressions des institutions internationales qui tendent, depuis quelques années, à conditionner leurs aides et projets de développement à l’adoption de politiques contestables d’orientation sexuelle et de promotion de l’homosexualité ». Il incite à poursuivre la « lutte pour la défense des valeurs fondamentales sur lesquelles repose toute société » et « à préserver cet héritage précieux contre l’assaut des politiques qui mettent en péril les familles ».

A lire: Au Togo, l’enseignement catholique réagit à la diffusion de photos mettant en scène des élèves

La crise des familles fait l’objet de réflexions au sein des sociétés depuis quelque temps. Pour le philosophe togolais Marcel Magloire Kuakuvi, « les menaces contre la famille se situent au plan des valeurs ». Selon cet universitaire, « la valeur suprême aujourd’hui est l’argent qui a déstabilisé la famille » et « malheureusement, les parents pauvres n’ont plus de valeur aux yeux de leurs enfants ».

Renforcer l’éducation des enfants

Dans le même sens, Latifou Salami, musulman et imam, estime que les menaces contre la famille résident aussi dans « la dislocation de la famille, le non-respect des parents, des aînés et de l’entourage, ainsi que la perte de pudeur et de morale ».
Pour résoudre cette crise, Irénée Tokanou, dramaturge catholique et animateur radio, propose de « renforcer l’éducation des enfants et des jeunes exposés à la dépravation dans la rue et sur les réseaux sociaux ». « Les parents, note-t-il, ne doivent pas se décourager mais plutôt redoubler d’effort ».

Par ailleurs, renchérit l’imam Salami, il faut que « les parents prennent leurs responsabilités pour éduquer leurs enfants en reconnaissant que l’école n’éduque pas mais instruit plutôt ».
« Pour sauvegarder les valeurs identitaires togolaises, il faut les inventorier, ensuite les diffuser par les médias et les réseaux sociaux, par exemple le respect des aînés, le respect de la parole donnée, la sauvegarde de la vérité et de la vie contre le curetage et l’avortement », suggère Kuakuvi. Et l´imam Salami de souligner le rôle éducatif des religieux, mais d’abord celui de l’État qui doit « voter des lois qui reposent sur les valeurs africaines ».

Charles Ayetan, à Lomé