Au Vatican, la France appelée à « donner et oser l’espérance »


Présidée cette année à l’autel de la Chaire de Pierre par Mgr Bruno-Marie Duffé, la messe de la Sainte-Pétronille, mardi 9 juin, a été l’occasion pour le secrétaire du Dicastère pour le développement humain intégral d’inviter la France à « ne pas laisser s’éteindre la flamme de l’espérance dont le monde a tant besoin ».

Le secrétaire du Dicastère pour le développement humain intégral, Mgr Bruno-Marie Duffé, a présidé, mercredi 10 juin, la traditionnelle messe pour la France dans la basilique Saint-Pierre.

En raison des mesures sanitaires imposées par la pandémie de Covid-19, cette messe n’avait pas lieu dans la chapelle Sainte-Pétronille, trop petite pour accueillir la centaine de fidèles et la vingtaine de prêtres présents, mais à l’autel de la Chaire de Pierre, au fond de la basilique vaticane, où avait été apporté le reliquaire de la sainte considérée comme la fille adoptive de saint Pierre.

Au VIIIe siècle, les papes avaient placé le royaume des Francs sous la protection de sainte Pétronille, leur confiant une chapelle intégrée ensuite dans la basilique Saint-Pierre et qui a valu à la France de revendiquer le titre de « fille aînée de l’Église ».

« Nous n’avons rien d’autre à offrir que notre espérance »

Au XIXe siècle, Léon XIII confia à la France l’entretien d’une lampe votive dans cette chapelle, un événement rappelé dans son homélie par Mgr Duffé qui a appelé le pays à « ne pas laisser s’éteindre la flamme de l’espérance dont le monde a tant besoin ».

Le prélat lyonnais a en effet insisté sur le sens du martyre et du témoignage dans un monde où les chrétiens sont « appelés à vivre une tension entre une solidarité communautaire, sociale, “mondaine” et une communion de foi avec celui qui initie le Royaume ».

« Ce que nous apprennent les témoins et les martyrs, sainte Pétronille, Pierre, tous ceux qui ont écrit l’histoire de notre pays jusqu’aux témoins anonymes de ces derniers temps, c’est que nous devenons une communion sainte dans le Christ, une communauté », a-t-il expliqué.

« Face au modèle de développement qui nous éprouve, qui éprouve notre monde et la vie elle-même, nous n’avons rien d’autre à offrir que notre espérance », a-t-il souligné, invitant les catholiques français à « donner et oser l’espérance ».

« Partager non seulement ce que nous avons, mais ce que nous sommes »

« Il faut oser parler de ce qui dépasse nos certitudes, oser offrir notre vie car nous ne pouvons pas vivre sans partager non seulement ce que nous avons, mais ce que nous sommes », a insisté Mgr Duffé.

Malgré la limitation des rassemblements toujours en vigueur à Rome et au Vatican, beaucoup de Français de Rome, laïcs et prêtres, étaient présents à cette messe, de même que de nombreux membres du corps diplomatique qui avaient tenu à marquer leur amitié avec la France, représentée par son ambassadrice près le Saint-Siège, Élisabeth Beton-Delègue.

Du côté du Vatican, le cardinal Domenico Mamberti, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique a, lui aussi, assisté à la messe.

Nicolas Senèze, à Rome