Dans une lettre pastorale rendue publique le 23 mai et intitulée « Pour la promotion authentique du droit à la vie selon le dessein de Dieu », la Conférence épiscopale Burkina-Niger s’est penchée sur la question de la santé sexuelle et reproductive.

Contraception, avortement, homosexualité sont autant de pratiques abordées par l’épiscopat du Burkina Faso et du Niger dans une lettre pastorale qu’il a publiée à l’occasion de la Pentecôte 2021 et dont le but est de promouvoir le droit à la vie.

Pour ce faire, en partant de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, la Conférence épiscopale du Burkina Faso et du Niger rappelle la primauté de la dignité humaine comme valeur universelle indiscutable. Elle cite ensuite des rencontres fondatrices en matière de santé sexuelle et reproductive à savoir : la Conférence internationale sur la population et le développement, tenue au Caire en 1994, et la quatrième conférence mondiale sur les femmes, tenue à Beijing, en Chine en 1995. À ces deux conférences, elle adjoint le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique voté à Maputo au Mozambique en 2003. Pour les évêques du Burkina Faso et du Niger, c’est avec ces trois événements que « les pays africains, qui étaient pro-natalistes depuis les indépendances de 1960, ont été convaincus que la cause principale de leur misère venait de leur croissance démographique ».

Pauvreté et croissance démographique

Après avoir longuement évoqué les arguments qui remettent en cause le lien entre la croissance démographique et la pauvreté, les évêques des deux pays font remarquer que : « Ce qui caractérise notre époque, c’est la mondialisation du débat, et la volonté d’imposer aux pays pauvres, par l’entremise des politiques de population, une voie à suivre dans le domaine de la population, car convaincu que tous les problèmes des pays pauvres proviennent de leur surnombre ». Ils montrent ensuite du doigt les organisations non gouvernementales, qui selon eux, font la promotion de la contraception et des pratiques abortives.

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La responsabilité des époux

La Conférence épiscopale Burkina-Niger rappelle, ce faisant, la valeur de la vie humaine selon les valeurs évangéliques mais aussi la responsabilité des époux en matière de procréation. « Certaines conditions d’une authentique paternité-responsable sont requises si les époux veulent demeurer fidèles au dessein du Créateur dans ce service de la transmission de la vie, explicite-t-elle. Tout d’abord vivre la chasteté conjugale et acquérir le sens du bien de l’ascèse ; ensuite cultiver la constance et la patience, l’humilité et la force d’âme, la confiance filiale en Dieu et dans sa grâce, le recours fréquent à la prière et aux sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation ».

« Sauver la famille africaine »

À ces moyens moraux, elle adjoint des conditions physiologiques. « La connaissance de la « corporéité » et de ses rythmes de fécondité qui suppose une éducation sexuelle. Ce faisant, ils connaîtront la vraie liberté des enfants de Dieu ». Car pour les évêques du Burkina Faso et du Niger, il faut « sauver la famille africaine ».

Ils estiment enfin qu’« il est important pour notre Église-Famille, selon la recommandation de saint Jean-Paul II, de ne pas laisser « bafouer la famille africaine sur sa propre terre » et de dévoiler les erreurs et les stratégies de l’idéologie de la santé sexuelle et reproductive, comme ses enjeux sociaux et éthiques, et aussi de situer la responsabilité de nos États quant à la déstructuration de la famille ».

Lucie Sarr