Coronavirus : les messes toujours interdites en Belgique


Sollicité par quelques catholiques, le conseil d’État belge n’a pas levé l’interdiction des rassemblements religieux. Le protocole de déconfinement des églises est prêt. Les évêques invitent à la prudence et à la créativité.

Les décisions se suivent… et ne se ressemblent pas. Contrairement à son homologue français, le Conseil d’État belge vient de refuser la réouverture des cultes réclamée par une délégation de catholiques. Comme en France, les messes étaient suspendues en Belgique dès le 14 mars, décision prise au départ par les évêques eux-mêmes, avant d’être confirmée par l’arrêté ministériel interdisant les célébrations religieuses. À la lumière de la décision française, plusieurs catholiques demandaient donc à la justice de suspendre cet arrêté.

Ne s’appuyant pas sur la liberté de culte telle que l’avançait le conseil d’État en France, les juges bruxellois ont décidé de conforter l’arrêt d’interdiction, estimant qu’il n’y avait pas « l’existence d’une extrême urgence » pour la reprise des cérémonies. Dès le lendemain et sans faire référence à la procédure engagée, la conférence épiscopale de Belgique publiait un communiqué à la veille de la Pentecôte : « Ce week-end, nous ne pourrons pas encore la célébrer ensemble dans nos églises, mais cela ne nous empêchera pas de prier le Père d’envoyer son Esprit sur l’Église et sur le monde. Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi, dons qui nous font grandir au service des autres. »

Cent fidèles ensemble

Si la Pentecôte a donc été vécue sous le signe de l’interdiction de rassemblement, la possibilité de célébrations collectives pourrait être très prochainement rétablie. Le conseil national de sécurité doit en effet se réunir ce mercredi 3 juin et « la reprise future des cérémonies religieuse sera examinée et envisagée » ce jour-là, comme le précisait la décision du conseil d’État.

Nul ne sait encore quand les rassemblements pourront reprendre mais la levée de l’interdiction ne devrait plus tarder, la Belgique entrant dans une phase 3 de déconfinement le 8 juin. Les évêques soulignent qu’ils sont prêts, les consignes sanitaires leur ayant été transmises et un protocole validé d’ores et déjà diffusé auprès du clergé. « Le gouvernement a fixé un nombre maximum de cent fidèles par célébration. Une distance entre les fidèles d’1,5 mètre dans tous les sens devra également être respectée, ce qui réduira peut-être leur nombre dans les petites églises », précise le communiqué de l’Église catholique de Belgique.

Un nouveau vivre ensemble

Les communautés chrétiennes oscillent entre impatience de se retrouver et inquiétude face à l’épidémie qui a été particulièrement violente en Belgique : on y dénombrait 9467 décès ce dimanche 31 mai. « Ce ne sera pas facile mais il y va de la sécurité et la santé de tous. Toutes ces mesures rendront sans aucun doute nos célébrations un peu moins cordiales dans un premier temps. Nous n’en serons pas moins nourris de la Parole de Dieu et de son Pain de vie, dans le souffle de l’Esprit », confient les évêques belges.

D’ores et déjà et quelle que soit la date de reprise des rassemblements religieux que pourra fixer le conseil national de sécurité, les évêques soulignent les défis pastoraux du déconfinement : « Ce nouveau ‘vivre ensemble’ qui marque la sortie progressive de la crise du coronavirus, exige créativité et engagement, insistent les évêques de Belgique. Il suppose une attention soutenue pour ceux qui subissent de plein fouet la crise dans ses dimensions sanitaires, économiques et sociales. »

Christophe Henning