Des associations caritatives britanniques demandent des permis de séjour temporaires pour les migrants


Aux côtés d’une trentaine d’associations caritatives et avec le soutien de plusieurs évêques catholiques et anglicans, le Service jésuite des réfugiés au Royaume-Uni appelle le premier ministre britannique Boris Johnson à accorder une autorisation de séjour temporaire aux demandeurs d’asile et aux migrants.

Un permis de séjour pour les demandeurs d’asile, les réfugiés et les migrants sans papiers, c’est la requête lancée par le Service jésuite des réfugiés (JRS) britannique au premier ministre, Boris Johnson. Le JRS a rassemblé pour cette lettre ouverte la signature d’une trentaine d’associations caritatives et le soutien de plusieurs évêques catholiques et anglicans.

Les différentes organisations, qui appellent à respecter la dignité humaine, alertent sur le fait que les personnes au statut d’immigration précaire, comme les demandeurs d’asile et les migrants, se trouvent dans des « circonstances désastreuses » après avoir été privées de certains fonds publics et exposées à des situations de « mal-logement, d’exploitation et de faim ».

Mgr Paul McAleenan, évêque auxiliaire de Westminster, soutient les signataires. « Dans cette crise, le respect de la dignité humaine exige que chacun, sans exception, ait le droit de se protéger contre le Covid-19 et de recevoir un traitement médical si nécessaire », souligne-t-il, cité par le site du JRS.

Peur d’accéder aux services de santé

« Avec la fermeture de nombreuses organisations caritatives et les restrictions de mouvement, cela laisse de nombreuses personnes déjà vulnérables dans une situation désastreuse », peut-on lire dans la lettre.

Pour les associations, la possibilité d’obtenir temporairement un droit de résidence permettrait d’alléger les multiples dissuasions d’accès aux services de santé, notamment que « leurs données soient transmises au ministère de l’intérieur ».

Ce droit de résidence est « un pas simple et réalisable, avec d’énormes avantages pour nous tous », écrit Jonathan Clark, évêque anglican du diocèse de Southwark, à Londres, engagé depuis plusieurs années sur les questions de migration.

Pourvoir travailler librement

En obtenant un permis de séjour temporaire, les personnes pourraient travailler et vivre librement au Royaume-Uni. D’ordinaire, les demandeurs d’asile ne peuvent travailler pendant la période d’étude de leur dossier. Ils vivent avec un soutien financier d’un peu plus de 40 € par semaine.

« On nous implore constamment de nous protéger et de protéger les autres pour le bien commun de la société, a encore déclaré Mgr Paul McAleenan, qui est aussi le président du Bureau pour la politique migratoire de la Conférence d’Angleterre et de Galles des évêques catholiques. Les personnes sans statut permanent devraient avoir la possibilité et les moyens de le faire, de pouvoir maintenir une distanciation sociale, de s’isoler, d’accéder aux soins de santé et ainsi de réduire la possibilité de mettre en danger la santé publique. »

L’accès au marché du travail est aussi plébiscité par les signataires de l’appel du JRS pour compléter les besoins des hôpitaux britanniques en main-d’œuvre : « Nous ne pouvons pas nous permettre que des infirmières, des médecins, des soignants et d’autres travailleurs soient empêchés de contribuer à la société alors qu’ils en ont désespérément besoin. »

Le ministère britannique de l’intérieur, qui s’occupe des questions d’immigration, a récemment suscité l’indignation. Il a déclaré que les travailleurs migrants peuvent utiliser « leurs investissements et leurs économies » pour répondre aux exigences de revenu s’ils ont perdu leur emploi pendant le confinement.

Anne-Laure Juif