Des leaders religieux demandent à Trump de renoncer aux exécutions fédérales


«Nous devons nous concentrer sur la protection de la vie»

Parmi les représentants des diverses religions unies pour interpeller le président américain, les catholiques étaient représentés en force en raison de leur opposition de principe à la peine de mort. Plus divisés sur la question, de nombreux leaders évangéliques ont joint leurs voix afin d’appeler Donald Trump à suspendre les exécutions fédérales de quatre condamnés à mort prévues entre le 13 juillet et le 28 août. «Alors que notre pays se débat avec la pandémie de COVID-19, une crise économique et du racisme systémique dans le système pénal, nous devons nous concentrer sur la protection de la vie et non sur les exécutions», ont écrit les responsables chrétiens de différents milieu dans leur communiqué.

La Conférence américaine des évêques catholiques avait déjà plaidé contre la reprise des exécutions fédérales. Le 30 juin dernier, l’archevêque Paul Coakley d’Oklahoma City, avait exprimé son regret de voir leurs demandes rester sans réponses. «Maintenant que la Court Suprême a décliné d’entendre les appels de quatre condamnés à mort sous responsabilité fédérale, et que le Département de la Justice a prévu des dates d’exécution à compter du 13 juillet, je réitère mon appel du mois de juillet dernier pour que l’Administration revienne en arrière,» a déclaré l’archevêque. Il se référait à une première interpellation émise suite à l’annonce en juillet 2019, par le Procureur Général William Barr, de vouloir reprendre les exécutions interrompues pendant dix-sept ans.

«En tant qu’évangélique, j’ai le coeur brisé de voir mon pays tuer à nouveau ses citoyens, nous avons eu déjà tellement de morts dams les derniers mois», a déclaré le directeur de l’organisation Christian ChurchesTogether, Carlos Malavé.

Le cas particulier des condamnations fédérales

La première exécution, fixée au 13 juillet, devrait être celle de Daniel Lewis Lee, un suprémaciste blanc qui avait été condamné à mort en 1999 pour le meurtre d’un couple et d’une petite fille. La mère d’une des victimes, Earlene Peterson, une chrétienne, a demandé au président d’épargner la vie du meurtrier, mais son appel est pour le moment resté sans réponse.

La législation américaine veut que la plupart des condamnations à mort et des exécutions dépendent des Etats. Les tribunaux fédéraux ne sont saisis que dans des cas particuliers: soit pour des crimes raciste et attentats, soit lorsqu’un meurtre est commis sur une base militaire se trouvant sur deux Etats, soit dans une réserve amérindienne. Seules trois condamnés fédéraux ont été exécutés durant les 45 dernières années, dont Timothy Mc Veigh, l’auteur de l’attentat sanglant d’Oklahoma City qui avait causé la mort de 168 personnes en 1995.

Position délicate pour Donald Trump

Donald Trump avait, à plusieurs reprises, émis le souhait que reprennent les exécutions fédérales interrompues depuis presque vingt ans. Aujourd’hui, alors que le pays fait face à des revendications portant sur les injustices raciales, le président se trouve dans une position délicate. S’il accède à la demande des responsables chrétiens, la première exécution qui serait annulée serait celle de Daniel Lewis Lee, connu pour son appartenance au mouvement de suprématisme blanc. En répondant favorablement à l’appel des chrétiens, Donald Trump se trouverait immanquablement dans la mire de ceux qui y verraient un manque de fermeté face au racisme.

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