Des policiers armés tentent d’interrompre une messe : vive réaction de Mgr Michel Aupetit

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17 mars 2012: Temps d’enseignement par le p. Philippe de MAISTRE lors du pèlerinage des pères de familles, Paris (75), France. March 17, 2012: Pilgrimage for family men, Paris (75), France.
24 avril 2020 pas de commentaire

Estimant que les règles du confinement n’étaient pas respectées, des policiers en armes sont entrés dimanche 19 avril dans une église parisienne pour tenter de mettre fin à une messe. L’incident a été vertement dénoncé par Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, mercredi 22 avril sur Radio Notre-Dame.

« On est dans une époque qui rappelle certaines époques de la France pas très heureuses, comme l’Occupation. » Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer mercredi 22 avril au micro de Radio Notre-Dame un incident survenu trois jours plus tôt, dimanche 19 avril.

Alertés par un voisin « plein de bienveillance », selon les mots ironiques de l’archevêque de Paris, des policiers armés ont pénétré dans l’église Saint-André de l’Europe, située dans le 8e arrondissement de la capitale, avec l’objectif de mettre un terme à la célébration dominicale présidée par le curé, le père Philippe de Maistre.

« Or, souligne Mgr Aupetit, il y a une interdiction formelle » pour les policiers d’entrer avec leurs armes dans une église, à moins d’y avoir été invités par le curé. Ce dernierdispose en effet des pouvoirs de police à l’intérieur de son église et des forces de l’ordre ne peuvent y entrer en armes sans son autorisation qu’en cas de menace à l’ordre public. Ce qui n’était pas le cas à Saint-André de l’Europe dont les portes étaient fermées.

« Garder la tête froide »

Plus encore, avec seulement sept personnes à l’intérieur de l’édifice, la célébration respectait également les mesures du confinement, même si l’incertitude demeure sur la possibilité de célébrer avec moins de vingt personnes une messe destinée à être retransmise. Or, trois paroissiens étaient présents dans l’église parisienne, invités par le curé pour lire les lectures et donner les réponses.

« J’ai fait le choix de continuer la messe, mais la police nous ordonnait d’arrêter, a raconté le père de Maistre au Figaro. Mon servant d’autel, lui-même policier, a pu descendre pour dialoguer avec eux, mais ils sont repartis au bout de vingt minutes après avoir exigé que les trois paroissiens sortent. » Un temps menacé d’être verbalisé, le prêtre a finalement échappé à l’amende, contrairement à un prêtre de Saint-Nicolas-du-Chardonnet (Paris 5e) sanctionné pour des faits similaires à l’issue d’une messe célébrée à huis clos pour la vigile pascale samedi 11 avril.

L’incident n’en a pas moins ulcéré son évêque, Mgr Aupetit. « Il faut garder la tête froide et arrêter ce cirque », a encore tempêté l’archevêque sur Radio Notre-Dame. « Sinon, a-t-il prévenu, on va prendre la parole et, en cas de confinement, aboyer très fort. »

Xavier Le Normand (avec Radio Notre-Dame et Le Figaro)

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