Doundou Guiss, la foi d’un rappeur sénégalais engagé contre le Covid-19


À 29 ans, Dominique Preira, Doundou Guiss de son nom d’artiste-chanteur se distingue dans le rap sénégalais depuis maintenant quelques années.

Ces dernières semaines, il a participé à sensibilisation lancée par une vingtaine de chanteurs sénégalais pour résister à la pandémie du Covid-19.

Dip Doundou Guiss, 29 ans, fait partie des 19 artistes sénégalais, à avoir contribué à l’effort national de sensibilisation contre le Covid-19, à travers la chanson, « Daan coronavirus », dont les recettes seront versées au ministère de la Santé.

Dominique Preira- son nom à l’état civil- est un rappeur vivant à Dakar. Dip, son nom d’artiste est une abréviation de son prénom Dominique. Ce catholique convaincu que « sa voie est déjà tracée » par Dieu, a fréquenté le Foyer Eymard, une institution appartenant à la Congrégation des frères du Saint-Sacrement à Dakar et compte parmi ses camarades de promotion des prêtres. L’auteur-compositeur aime d’ailleurs retourner à son ancien internat pour participer aux célébrations eucharistiques de 6 heures. « Avant de poser tout acte, je fais toujours discrètement une petite prière dans ma tête, explique-t-il, Dieu est mon protecteur ».

Engagement

En plus de sa participation à la sensibilisation contre le Covid-19, il a lui-même posé des actes de solidarité en faveur des personnes durement touchées par la pandémie.

« À travers notre geste, nous voulons appeler à l’entraide, à la solidarité, au partage avec son prochain », souligne-t-il. Mais, pour lui, tout doit se faire dans la discrétion en « respectant la dignité de la personne humaine ». « En venant au secours d’une personne, il faut l’aider à garder sa dignité, en nous mettant à la place des nécessiteux », exhorte-t-il. Le geste de cet artiste s’ajoute aux nombreuses œuvres caritatives qu’il mène au Sénégal en faveur des enfants, dans les hôpitaux, dans les maisons pilotes, dans les villages Sos Enfants. « Nous devons nous engager aux côtés des enfants ; ils ont le droit de connaître leurs droits, d’être éduqués et mis dans de très bonnes conditions », disait-il en 2019, en marge d’un concert de sensibilisation aux droits des enfants. « Mon ambition est de toujours aider, d’aller vers les gens qui peuvent nous aider à aider les autres », confie-t-il.

Carrière

Le surnom Dip fait allusion à l’anglais Deep « profond », en référence aux textes de Dominique Peira qui « quoique très ancrés dans la rue, ont toujours ce côté philosophique qui ouvre une fenêtre sur sa vision de la vie ».

Dès sa tendre enfance, il s’intéresse à la musique, notamment au hip-hop. « C’est vrai qu’au départ, c’était un jeu d’enfants avec mes camarades d’école, raconte-t-il. Mais, j’étais attiré par la musique des rappeurs, dont la manière de s’habiller et de véhiculer des messages me plaisait beaucoup. Plus tard, j’ai commencé à écrire des textes et tout est venu naturellement ».

Parfois incompris par certains de ses compatriotes qui lui reprochent d’être glauque dans ses clips vidéos et de trop souvent évoquer la mort, il rectifie : « La mort fait toujours peur ; quand tu parles de la mort, montrant des cimetières dans tes clips, certaines personnes ont peur et qualifient tes images de sataniques ».

Charles Senghor (à Dakar)