Dieu, au cœur de nos tempêtes humaines

Comme tous les dimanches, La Croix Africa reprend le commentaire extrait du missel « Prions en Église Afrique », édité par Bayard Africa. La méditation de la liturgie de ce dimanche nous vient de l’Abbé Pascal KOLESNORÉ, prêtre dans l’Archidiocèse de Ouagadougou.

Deux tempêtes font rage dans les lectures de ce dimanche : une première tempête agite et secoue violemment la vie de Job bien bouleversée. Une autre menace de submersion la barque de Jésus et de ses disciples dont la foi est mise à l’épreuve. Embarqués, nous le sommes tous dans l’aventure de la vie comme Job ! Embarqués, nous le sommes aussi dans l’aventure de la foi à la suite de Jésus ! Nous voguons sur un long fleuve tantôt tranquille, tantôt agité. La traversée peut parfois se transformer en un cauchemar : les difficultés existentielles, les tempêtes de la vie, les épreuves de la foi, les tourments de l’âme et du corps, les drames familiaux, professionnels, les ruptures sentimentales… autant de nuits du doute, d’incertitudes et même de désespoir que nous pouvons traverser.

Un Dieu présent dans le silence

Et Dieu dans ces tempêtes ? Job comme les apôtres en ont fait l’expérience : Dieu brille quelquefois par son silence. Au soir d’une journée fatigante, toute de prédication occupée, Jésus dort, un repos bien mérité pendant que la tempête se lève, se déchaîne et menace de faire sombrer la barque. Où est donc Dieu dans le mal qui menace de nous submerger ? Dieu semble absent, silencieux dans sa retraite céleste. Et pourtant, il est là parce que véritablement embarqué avec nous dans une même aventure ; il subit les secousses que nous connaissons ; il est la première victime du mal qui nous touche.

Mais au cœur de la tempête, il est un havre de sérénité ; comme hors du tumulte, il fait silence pour entendre le cri de ses bien-aimés, leurs appels au secours. Cette présence silencieuse mais bienveillante dans notre embarcation fragile et sans cesse menacée de submersion, peut nous être d’un grand secours. Imperturbable devant la tempête, debout face à la fureur du vent et des flots, il fait face au danger. Il impose le silence et le calme aux forces déchaînées de la nature. Alors, pour arriver sains et saufs à bon port, à l’autre rive, il nous faut emmener Jésus avec nous pour la traversée.

Garder confiance en sa puissance

Ainsi, lorsque que les forces du mal se déchaînent, fondent sur nous, menacent l’équilibre du monde, la sérénité de l’Église, Jésus, comme dans l’évangile de ce dimanche, se dresse contre ces déferlements des forces de la mort. Devant ces forces maléfiques et leurs bouleversements, il nous veut imperturbables, inébranlables dans la foi car ces tempêtes en présence du Seigneur ne sauraient signifier l’annonce d’un gouffre irrémédiable mais les préludes d’un monde nouveau en train de naître annoncé par saint Paul dans la seconde lecture.

Dieu attend de nous que dans notre cœur, jamais ne meurt la certitude qu’il tient le monde, que toute puissance lui est soumise. Il attend de nous la foi, même dans les situations incontrôlables; il attend que nous n’ayons d’autres appuis que lui. Une femme en proie à d’innombrables épreuves et souffrances existentielles, est allée un jour dans une chapelle d’adoration et, s’étant assise, elle s’adresse ainsi à Jésus présent dans le tabernacle : « Dieu ! Haya ! Je suis là ; tu peux me faire ce que tu voudras, mais je ne te lâcherai pas ». Ces mots jaillis d’un cœur en lambeaux sont l’expression d’une grande foi et d’une confiance inébranlable en Dieu. Comme cette femme, en temps de tempêtes, allons nous blottir au rocher divin, nous réfugier dans sa main.

Abbé Pascal KOLESNORÉ
Grand Séminaire de Kossoghin à Ouagadougou (Burkina Faso)