Émeutes au Sénégal : le guide spirituel des mourides appelle au calme


Au Sénégal, des manifestations violentes se tiennent depuis deux jours dans plusieurs villes pour réclamer l’arrêt du couvre-feu mis en place par les autorités pour endiguer la propagation du Covid-19.

La nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin, le guide spirituel de la confrérie des mourides Serigne Mountakha Mbacké a demandé le retour au calme.

La ville de Touba, siège de la confrérie soufie des mourides (à peu près 30 % des Sénégalais) est touchée, depuis mardi 2 juin au soir, par de violentes manifestations de transporteurs et de travailleurs du secteur informel. Depuis mi-mars, ceux-ci ont vu leurs activités mises à l’arrêt du fait des mesures de restriction liées au Covid-19 dont le couvre-feu et l’arrêt des déplacements entre différentes régions.

Depuis plusieurs semaines déjà, de nombreuses voix s’élevaient pour réclamer une levée complète des restrictions compte tenu de la situation économique de ce pays où une grande partie de la population vit au jour le jour grâce à des activités informelles.

Le guide spirituel des mourides, l’une des plus puissantes du pays, Serigne Mountakha Mbacké est intervenu mardi 2 juin au soir, à la télévision, pour demander l’arrêt des manifestations mais mercredi 3 juin, le pays a passé une deuxième nuit d’émeutes. Celles-ci se sont même étendues à d’autres villes.

Émeutes

Trois véhicules de police et une ambulance brûlés, le centre de traitement des malades du Covid-19 ont été attaqués à Touba. À Mbacké (centre-ouest), les manifestants s’en sont pris au siège local de la radio RFM, appartenant au chanteur Youssou Ndour.

D’autres régions ont en outre été touchées dont celle de Kaolack au centre mais également la capitale, Dakar.

Le Sénégal compte 3 932 cas de coronavirus dont 2 063 guéris et 1 823 sous traitement. Dakar et Touba sont les villes les plus touchées.

Rentrée scolaire reportée

Mardi 2 juin, à l’issue du conseil des ministres, le président Macky Sall avait invité au respect scrupuleux des règles établies dans le cadre de l’état d’urgence et de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Il avait en outre confirmé l’assouplissement graduel des mesures restrictives liées à l’état d’urgence, notamment dans le secteur des transports

Le même jour, la reprise de l’année scolaire a été reportée sine die après la découverte de la contamination de 10 enseignants à Ziguinchor, dans le sud du pays.

Lucie Sarr