En Afrique du Sud, polémique autour de paroles « blasphématoires », d’un policier

Des policiers sud-africans/ South African police Service Twitter
27 avril 2020 pas de commentaire

Dimanche 26 avril, le ministre sud africain de la police, Bheki Cele, a présenté des excuses aux musulmans après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo mettant en scène des musulmans arrêtés pour violation des règles de confinement et des policiers.

La communauté musulmane sud-africaine a exprimé son mécontentement et le ministre de la police, Bheki Cele, présenté ses excuses. En cause, une vidéo qui circule depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux.

Les faits se seraient produits dans la province de Mpumalanga, dans le nord de l’Afrique du sud. Les images montrent des membres des forces de sécurité qui entrent dans une pièce où prient une vingtaine de personnes, contraintes alors de se mettre à terre. L’un des policiers hurle : « Êtes-vous plus grands que le président ? Est-ce que Mohammed est plus grand que le président ? ». Des paroles qui ont suscité le tollé au sein de la communauté musulmane.

Les personnes arrêtées sont accusées d’avoir violé les règles strictes du confinement adopté après par l’Afrique du Sud depuis le 27 mars. Le pays est, en effet le pays subsaharien le plus touché par Covid-19. Il compte 4 361 cas confirmés, dont 86 décès.

Indignation de communauté musulmane

Le Conseil des théologiens musulmans d’Afrique du Sud, Jamiatul Ulama South Africa, a vivement réagi, qualifiant d’« inacceptable » l’attitude des forces de police sur cette vidéo.

A lire : Coronavirus : en Afrique du Sud, l’épiscopat s’inquiète pour les populations défavorisées

« En plus des propos humiliants vis-à-vis du prophète Mohammed », les policiers « entrent dans la salle de prière avec leurs grosses bottes », a-t-il relevé dans un communiqué estimant en outre que « de telles images sont éprouvantes pour les musulmans qui considèrent les lieux de prière comme sacrés ».

Excuses du ministre et de la police

Dans un communiqué dimanche 26 avril, le ministre de la police, Bheki Cele a présenté ses excuses à la communauté musulmane pour « les remarques blasphématoires durant l’arrestation » de fidèles, précisant qu’une enquête était en cours pour déterminer « l’identité de la personne responsable d’un tel sacrilège ».

« Les commentaires faits sur le prophète Mohammed, qui peuvent être entendus à la fin de la vidéo, sont fâcheux et il est inacceptable que quelqu’un puisse tenir de tels propos », a estimé de son côté la police dans un autre communiqué.

Les forces de l’ordre ont toutefois rappelé l’« obligation » faite aux « personnes de toute religion » de respecter les régulations en place pendant le confinement.

Lucie Sarr (avec AFP)

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