En Côte d’Ivoire, les écoles catholiques invitent les parents d’élèves à solder la scolarité de leurs enfants


Du 2 au 6 juin, un séminaire d’évaluation de la situation née du Covid-19 et de bilan partiel du plan de mise en œuvre des résolutions du système éducatif catholique, a été organisé à Yamoussoukro. Les écoles catholiques qui connaissent des difficultés de trésorerie, invitent les parents et l’État à s’acquitter de leur dû.

L’éducation catholique en Côte d’Ivoire – qui vit essentiellement des frais de scolarité – fait partie des secteurs d’activité fortement impactés par la crise sanitaire du Covid-19. Le manque à gagner lié au défaut de payement des frais de scolarité est important, il se chiffre en milliards de francs CFA. « Aujourd’hui, nous avons d’énormes difficultés pour recouvrer toutes les scolarités auprès des parents, confie Émile Aleba, le secrétaire exécutif national adjoint chargé de la Comptabilité et des Finances de l’Éducation catholique. Certains parents sont encore hésitants à ramener leurs enfants du fait de l’évolution de cette pandémie. Le montant, il n’est pas exhaustif, n’est pas moins de 2 milliards de créances ».

Du 2 au 6 juin au centre diocésain de Yamoussoukro, dans le centre de la Côte d’Ivoire, un séminaire a réuni une vingtaine de secrétaires exécutifs diocésains et des chefs de groupes de travail sur la réforme de l’éducation Catholique.

Alors que le gouvernement ivoirien a autorisé depuis le 18 mai la réouverture des écoles sur l’étendue du territoire national, les responsables de l’éducation catholique ont fait « l’évaluation de l’impact de la crise née du Covid-19 sur les écoles catholiques et le bilan partiel du plan d’action de mise en œuvre des résolutions du système éducatif catholique ».

Appel aux parents et à l’État

Faisant le point financier, Émile Aleba a signalé que « depuis fin mai les impayés pour le compte de l’année 2018-2019 viennent d’être soldés ». Mais du fait que « le mandatement de la contribution financière de l’État pour le compte de l’année 2019-2020 est encore attendu », la situation financière des écoles catholiques reste précaire.

Bien que les difficultés financières se fassent sentir dans tous les ménages, le chargé de la comptabilité et des finances de l’Éducation catholique de Côte d’Ivoire prie les parents d’élèves de faire des efforts pour solder les frais de scolarité de leurs enfants. « Nous savons tous que la situation n’est pas aisée mais c’est un effort supplémentaire que nous leur demandons pour que nos écoles soient en mesure de boucler leur fin d’année et de préparer la rentrée prochaine avec plus de sérénité » a-t-il insisté.

En outre, il a réitéré son appel à l’État qui a mis en place un plan d’assistance économique et humanitaire à l’endroit des entreprises privées et qu’il a sollicité « pour que l’Éducation Catholique puisse bénéficier de cette contribution ».

Maintenir les emplois

Fermées depuis le 17 mars pour lutter contre la pandémie du Covid-19, les écoles catholiques connaissent d’importants problèmes de trésorerie liés à « la non-solvabilité de la subvention 2018-2019 et un non-paiement de la subvention 2019-2020 par l’État, et l’impossibilité de recouvrer la totalité des scolarités dues par les familles », avait précisé le jeudi 23 avril, le père Jean Luc N’dreman, le secrétaire exécutif national de l’éducation catholique (Senec).

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Malgré ces difficultés financières, la conférence des évêques qui s’appuie également sur les propositions des employeurs du secteur les a invités dans un communiqué « à maintenir les emplois et les salaires des personnels, engager des négociations avec eux sur les modalités en cas de difficultés à payer, et privilégier le paiement des arriérés de salaires dus à la fermeture des établissements scolaires. »

La volonté de l’épiscopat de maintenir les salaires et les emplois est respectée par tous les employeurs qui relèvent de la tutelle diocésaine, a assuré le père Jean Luc N’dreman, s’appuyant sur les rapports des diocèses.

Guy Aimé Eblotié