En Côte d’Ivoire, réouverture des lieux de cultes partout sauf à Abidjan


Depuis le 8 mai, les fidèles chrétiens et musulmans dans l’intérieur de la Côte d’Ivoire ont repris leur participation aux offices publics. La veille, le chef de l’État avait annoncé un certain nombre de mesures favorisant la reprise des célébrations publiques dans les églises et mosquées en dehors du grand Abidjan.

Un soulagement pour les nombreux fidèles chrétiens et musulmans résidant dans l’intérieur de la Côte d’Ivoire. Depuis le 8 mai, en raison de l’allégement des restrictions liées à la lutte contre le Covid-19 dans les régions de l’intérieur du pays, les responsables religieux ont décidé de la réouverture des lieux de cultes aux offices religieux publics.

Le 16 mars, pour lutter contre le coronavirus, le gouvernement ivoirien avait pris une dizaine de mesures, dont l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes touchait particulièrement les offices religieux. Cela avait obligé la quasi-totalité des diocèses ivoiriens à suspendre les messes publiques, et les guides religieux musulmans à fermer les mosquées.

Mais, le 7 mai, dans un message à la nation, le chef de l’État Alassane Ouattara a allégé cette interdiction en augmentant à 200 le nombre maximum de personnes qui peuvent prendre part aux rassemblements dans les régions de l’intérieur du pays où aucun cas positif au coronavirus n’a été détecté depuis le 21 avril.

« C’est une bonne nouvelle »

À la suite du message d’Alassane Ouattara, le conseil supérieur des imams des mosquées et des affaires islamiques (Cosim) a publié, le 9 mai, un communiqué annonçant la réouverture des mosquées pour « les cinq prières obligatoires dans les mosquées à l’intérieur du pays ». Cependant, ces prières dans les mosquées doivent se faire dans le respect des mesures barrières, notamment le lavage des mains à l’entrée des mosquées, la distanciation physique, venir avec son cache-nez et son tapis pour la prière.

Pour Tchinvolo Coulibaly, un fidèle musulman à Bouaké, dans le centre de la Côte d’Ivoire, « c’est une bonne nouvelle en cette période de Ramadan. » Au-delà du volet religieux, l’annonce du chef de l’État atteste, à ses yeux, que les mesures sanitaires ont été bien respectées dans les zones de l’intérieur du pays, et qu’il faut continuer dans ce sens.

Messe avec les CEB

Dans les diocèses d’Agboville (sud) et Abengourou (Est), conformément à ces nouvelles dispositions, les évêques ont autorisé la reprise des messes avec participation des fidèles. « Nous avons appris samedi (9 mai NDLR) à la radio la reprise des messes publiques, explique Germain Kouada, un fidèle de la paroisse Christ Roi d’Abengourou. Ce dimanche matin, c’est dans une bonne ambiance de fête que nous avons repris les messes. Nous étions assis à deux ou trois par bancs. »

À la cathédrale Saint Jean Marie Vianney, dans le diocèse d’Agboville, une centaine de fidèles ont pris part à la messe dimanche 10 mai. « La messe est célébrée depuis ce dimanche avec 150 fidèles qui viennent des communautés ecclésiales de base (CEB), explique le père Franck Stephane Yapi, le chargé de communication du diocèse. Les paroisses organisent la rotation par CEB et veillent au respect des mesures sanitaires. »

Avant d’entrer dans l’église pour la messe, « les fidèles doivent se laver obligatoirement les mains, respecter la distanciation physique d’un mètre entre eux et porter obligatoire un cache-nez » assure le père Yapi.

Guy Aimé Eblotié