En Mauritanie, l’imam arrêté pour violation de la consigne de fermeture des mosquées est sorti de prison


L’imam Cheikh Mohamed Salem Ould Doudou a été remis en liberté par la justice en attendant son procès. Arrêté par la police le 30 avril, cet imam est considéré par les autorités comme le leader d’un groupe de guides religieux qui encourage la violation de la consigne de fermeture des mosquées prise le 15 mars pour lutter contre la propagation du Covid-19.

En attendant son procès, la justice mauritanienne a libéré, jeudi 30 avril, le cheikh Mohamed Salem Ould Doudou, après son déferrement devant le parquet du département de Nouakchott Sud. Le responsable religieux, secrétaire général adjoint du Forum des érudits et imams de Mauritanie (Feim) s’oppose à la fermeture des mosquées et avait été arrêté le même jour pour avoir violé l’interdiction d’ouvrir les mosquées pour les prières collectives.

Très virulent à l’endroit des autorités sur les réseaux sociaux, Cheikh Mohamed Salem Ould Doudou est aussi l’initiateur d’une pétition de responsables religieux qui réclament le rétablissement des prières de vendredi suspendues pour cause de coronavirus.

En colère contre la décision du gouvernement, l’imam après sa sortie de prison s’est dit « étonné qu’en Mauritanie, avec un gouvernement civil, des imams acceptent la suspension des prières collectives dans les mosquées le vendredi ».

Allègement des mesures

En République islamique de Mauritanie, depuis le 15 mars, les autorités ont pris plusieurs mesures restrictives dont la fermeture des mosquées, pour stopper la propagation du coronavirus. Ce pays qui a très tôt fermé ses frontières et interdit les déplacements interrégionaux compte officiellement 8 cas de coronavirus dont 2 guérisons et 1 décès, au 4 mai.

À la faveur du mois du Ramadan, les autorités avaient allégé certaines mesures prises pour lutter contre le Covid-19. Elles ont réduit la durée du couvre-feu nocturne qui commence à partir de 21 heures au lieu de 18 heures auparavant. En outre, elles ont autorisé l’ouverture des grandes mosquées uniquement pour la prière après la rupture du jeûne, de l’imam et de son adjoint. Les autres fidèles étant priés de suivre cette prière à la télévision et à la radio.

Mais au fil des semaines, les appels à la reprise des prières de vendredi se multiplient et s’accompagnent de violations flagrantes de la mesure de fermeture des mosquées. « Ceux qui continuent de prier le vendredi dans les mosquées ne sont pas moins de 50 % sur l’étendue du territoire national et les autorités publiques en sont parfaitement conscientes, estime l’imam Ould Doudou dans une publication le 4 mai sur son compte Facebook. Ce n’est pas normal que l’État s’oppose à la volonté des gens ».

Guy Aimé Eblotié