En RD-Congo, l’archevêque de Lubumbashi dénonce la recrudescence de l’insécurité


À Lubumbashi, dans le sud de la RD-Congo, une crise sécuritaire s’est greffée à l’épidémie de coronavirus.

Depuis plusieurs semaines, les populations subissent vols, viols et meurtres de bandes lourdement armées. Une situation qui a poussé l’archevêque des lieux, Mgr Jean Pierre Tafunga à publier, mardi 19 mai, un message pastoral.

En plus de la crise sanitaire et économique liée au coronavirus, les habitants de Lubumbashi, dans le sud de la RD-Congo doivent faire face à une insécurité chronique qui inquiète leur archevêque, Mgr Jean Pierre Tafunga. « Nous constatons que la population de la ville de Lubumbashi vit au quotidien une insécurité recrudescente qui a atteint un niveau jusque-là indescriptible, a-t-il dénoncé dans un message pastoral publié le 19 mai. Il ne se passe pas une nuit sans que nous apprenions que des viols, des vols, des tueries et des braquages se commettent, principalement dans les périphéries de la ville où vivent des populations modestes ». Et de citer de nombreux cas d’insécurité répertoriés dans son territoire diocésain depuis fin mars : braquage d’une station d’essence le 29 mars, cambriolage d’une trentaine de maisons et kiosques le 17 avril par des hommes lourdement armés, vols, viols et meurtres dans de nombreux quartiers de la commune Annexe les 3 et 4 mai. Les 9 et 10 mai puis les 11 et 12 mai, le même scénario s’est répété au quartier Tshamalale.

Questions

Devant ce phénomène, l’archevêque de Lubumbashi se pose une série de questions : « Qui sont ces personnes qui opèrent impunément ? Ont-elles un agenda caché ? Quelles sont leurs sources d’approvisionnement en armes, en munitions et en véhicules ? Les bandits en question, sont-ils plus forts que les services sécuritaires de l’État ? », se demande-t-il avant d’interpeller les autorités tout en leur proposant un certain nombre de solutions. Il prône notamment la revalorisation de la fonction des cadres de base : les bourgmestres (maires), les chefs de quartiers, de rues, de cellules, de blocs, afin qu’ils contrôlent les mouvements et les activités des personnes vivant dans leurs entités. Il recommande enfin de prévenir cette insécurité en en s’emparant du phénomène des enfants en rupture du lien familial.

Lucie Sarr