En RD-Congo, l’Église kimbanguiste change de représentant à la Plateforme des confessions religieuses


L’Église kimbanguiste a changé de représentant à la Plateforme des confessions religieuses de RD-Congo, mardi 7 juillet. C’est désormais le pasteur Covey Mududu Ndompaulu qui siègera parmi les 8 confessions membres de cette structure, en remplacement du pasteur Delphin Elebe Kapalayi.

Depuis le 9 juin, les confessions religieuses congolaises sont en désaccord sur la désignation du président la Commission électorale nationale indépendante (Céni) qui leur incombe.

Mardi 7 juillet, au cours d’une séance présidée par le vice-président de la Plateforme des confessions religieuses de RD-Congo, le pasteur André Bokundoa, président de l’Église du Christ au Congo (ECC), l’Église kimbanguiste – une église indépendante née en RD-Congo – a rendu officielle la désignation de son nouveau représentant au sein de cette institution. Covey Mududu Ndompaulu, remplace à cette fonction, le pasteur Delphin Elebe Kapalayi qui avait participé à la réunion avortée des confessions religieuses les 8 et 9 juin. Au cours de cette réunion, les confessions religieuses qui étaient censées désigner le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ne s’étaient pas entendues. 6 confessions religieuses – dont l’Église kimbanguiste – soutenaient Ronsard Malonda, membre de la Céni sortante tandis que les Églises catholique et protestante opposaient une fin de non-recevoir à un tel choix.

6 contre 2

Quelques jours plus tard, le groupe des 6 confessions religieuses (l’Église kimbanguiste, l’Union des églises Indépendantes du Congo, l’église de Réveil du Congo, l’Église Orthodoxe et l’Armée du salut) avait publié un texte dans lequel elles désignaient Ronsard Malonda comme étant leur candidat commun pour diriger la Céni malgré l’opposition des Églises protestante et catholique. Ce choix a été entériné par l’Assemblée nationale congolaise le 2 juillet mais les protestants et les catholiques ont riposté en écrivant au chef de l’État congolais Félix Tshisekedi pour lui demander de ne pas tenir compte de cette désignation.

Retournement de situation

Mais l’union des 6 confessions religieuses face aux catholiques et aux protestants à fait long feu. L’Église kimbanguiste a désavoué son représentant à la Plateforme des confessions religieuses quelques jours après la désignation de Malonda. « Nous précisons avec force que Ronsard Malonda n’est pas candidat de l’Église Kimbanguiste », avait tranché Appo Salimba Mwana, chargé des missions du chef spirituel et représentant légal de l’église Kimbanguiste avant d’ajouter : « le révérend Elebe Kapalay n’est plus représentant de l’Église Kimbanguiste auprès des confessions religieuses ainsi qu’auprès des institutions politico-administratives de notre pays ».

Tirer les conséquences de cet acte

À la séance du 7 juillet, c’est donc muni d’une lettre de mission signée par le chef spirituel de l’Église kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani, que le nouveau représentant s’est présenté à ses pairs. « Si le Chef spirituel de l’Église kimbanguiste vous a choisi, cela signifie que vous avez sa confiance et que vous avez confiance en lui », s’est réjoui le président de l’ECCavant d’ajouter plus loin : « travaillons ensemble pour le bonheur du peuple congolais pour lequel nous sommes appelés à servir et non pour le bonheur de quelques individus. Nous voulons vivre dans la vérité ».

Pour sa part, répondant aux questions de la presse, le père Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a estimé que « l’acte posé par le Chef spirituel de l’Église kimbanguiste est un acte prophétique et de courage ». « Il vient de sauver le pays car le candidat Malonda a été présenté comme candidat de l’Église kimbanguiste. Chaque confession religieuse est appelée à tirer les conséquences de cet acte », a-t-il ajouté.

Lucie Sarr