En RD-Congo, les Églises catholique et protestante contestent la désignation de Malonda à la tête de la Céni


Malgré l’opposition des Églises catholique et protestante, Ronsard Malonda a été confirmé à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) par l’Assemblée nationale de RD-Congo, le 2 juillet.

Le 3 juillet, ces deux confessions religieuses ont adressé un courrier au chef de l’État Félix Tshisekedi pour contester cette désignation.

Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et le pasteur André Bukondoa, chef des Églises protestantes réunies au sein de l’Église du Christ au Congo (ECC) ont écrit au chef de l’État Félix Tshisekedi pour lui demander de ne pas tenir compte de la désignation de Ronsard Malonda à la tête de Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Jeudi 2 juillet, l’Assemblée nationale congolaise dominée par le parti de l’ancien président Joseph Kabila, a entériné la candidature, à la tête de la Céni, de Ronsard Malonda, secrétaire exécutif national de la Commission sortante – dont la gestion des dernières élections générales a été fustigée par l’Église catholique et l’ECC.

Malonda est présenté comme le candidat désigné par 6 des 8 confessions qui composent la Plateforme des confessions religieuses de RD-Congo (Armée du salut, des Églises orthodoxe et Kimbaguiste, la Communauté islamique en RDC, l’Union des églises indépendantes et l’Église de réveil). Depuis leur réunion avortée des 8 et 9 juin, les confessions religieuses de RD-Congo n’arrivent pas à s’entendre sur la désignation du président de la Céni qui leur incombe. Après avoir retiré leurs candidats respectifs, les Églises catholique et protestante ont aussi rejeté celui des autres confessions, Ronsard Malonda.

Lettre du cardinal Ambongo et du pasteur Bukondoa

« La plateforme conduite par l’Église catholique et l’Église du Christ au Congo prie votre très Haute Autorité de ne pas considérer la proposition controversée de désignation du président de la Céni, entérinée par l’Assemblée nationale, en sa séance du 2 juillet et d’inviter les composantes concernées au dialogue constructif, en vue de reformer la centrale électorale », ont écrit le cardinal Ambongo et le pasteur Bukondoa dans leur lettre à Félix Tshisekedi, le 3 juillet.

Il ne reste en effet qu’un palier à Ronsard Malonda pour être officiellement président de la Commission électorale indépendante de RD-Congo, celui de l’approbation présidentielle. Mercredi 1er juillet les confessions religieuses s’étaient réunies en l’absence des Églises catholique et protestante. Elles avaient, à cette occasion, condamné l’homélie tenue, le 30 juin, par le cardinal Ambongo à l’occasion de la fête de l’indépendance de la RD-Congo dénonçant un « retour des ’évangiles de croisade’ et de la montée du discours de haine du haut de la chaire de vérité, pourtant destinée à proclamer en toute humilité l’amour, la paix, la justice, la tolérance, le pardon, la réconciliation et la fraternité ».

Contestation

La contestation de Malonda n’est pas seulement le fait des Églises catholique et protestante.

Le parti du président Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) rejette également la désignation de Malonda, dénonçant une « procédure hasardeuse orchestrée par le FCC [Front commun pour le Congo, regroupant les pro-Kabila NDLR] pour faire passer son candidat en lieu et place de la société civile ». À ces yeux, cette désignation pose un problème de légitimité puisque « Ronsard Malonda est contesté par les confessions religieuses dont il serait l’émanation ».

En outre, samedi 4 juillet, la police a dispersé des centaines de militants de mouvements citoyens et du Comité laïc de coordination CLC qui manifestaient sans autorisation contre cette désignation de Malonda.

Lucie Sarr