Le médecin gynécologue et prix Nobel de la paix (2018) Denis Mukwege s’est exprimé le 5 mai devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Il était invité pour aborder le sujet des crimes sexuels exercés en République démocratique du Congo. Les questions de justice internationale et de prise en charge holistique des victimes étaient au programme.

Il a plaidé pour une réforme de la justice transitionnelle afin que les bourreaux ne perpétuent plus leurs crimes envers des femmes à qui l’on «donne encore le même bourreau comme protecteur».

«Les solutions existent, mais ce qui manque, c’est le courage politique»

«Nous ne devons pas accorder plus d’importance au business politique. (…) Beaucoup se font de l’argent sur le corps des femmes. (…) Nous avons la responsabilité d’agir et de pouvoir dire non», défend Denis Mukwege. Le trafic de minerais sévit en RDC en zone de conflits et le corps des femmes est utilisé comme champs de bataille par les bandes armées, comme le décrit le Rapport Mapping des Nations Unies, publié en 2010. «C’est une étape importante: on ne peut pas avancer si ces bourreaux, ceux qui commanditent tous les crimes et viols, restent libres», insiste-t-il.

Il en appelle à une réforme qui protège et reconnaisse ces actes de guerre sur les victimes, «or la RDC l’en empêche. Aujourd’hui ce crime ne peut plus être toléré.» Il a également souligné que le nombre d’enfants violés était en augmentation.

Ce n’est pas qu’une affaire privé mais une affaire d’État.

Denis Mukwege a rappelé le rôle important que la France pouvait jouer au niveau du Conseil de sécurité des Nations unis pour que ces hommes répondent de leurs actes, en s’appuyant sur le Rapport Mapping notamment. Selon lui, la France peut continuer de soutenir des actions au niveau local et international. «Les victimes ont besoin de cette prise en charge médicale, psychologique» afin de retrouver «une autonomie économique qui les rende capables de se défendre. »

Il appuie la proposition d’un modèle international de prise en charge holistique. Celle-ci est d’ailleurs déjà proposée aux femmes yezidies en Irak, aux femmes colombiennes ou guinénnes. Ces modèles devraient, selon lui, être intégrés à la politique des affaires sanitaires. «Ce n’est pas qu’une affaire privée mais une affaire d’État.» Denis Mukwege a réitéré son appel à la création d’un Tribunal pénal international. Il estime à 120 le nombre de groupes armés locaux et étrangers en RDC.

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