Homélie du dimanche: « Dieu n’a pas créé le mal, car tout ce que Dieu a créé est bon »


Homélie du 16e dimanche du temps ordinaire année A par le père Brice Alex Nana, vicaire à la Paroisse Sacré Cœur de Donsin (Burkina Faso)

Dimanche dernier, le Christ nous a révélé à travers la parabole du semeur, l’étrange mais admirable bonté de cœur d’un semeur tellement prodige, qu’il sème sans distinction ni restriction de terrain. Dieu ne se contente pas de semer sur un terrain fertile. Dès qu’il y a un cœur, Dieu le veut. En ce dimanche, c’est à partir de trois autres paraboles sur le royaume des cieux, à savoir celle du bon grain, de la moutarde et celle du levain, que le Christ nous révèle la miséricorde, la justice et la patience de notre Dieu, ainsi que l’espérance qu’il fonde sur chacun de nous, ses fils en mission dans le monde.

« Maitre, n’est-ce pas du blé que tu as semé dans ton champ ? D’où vient l’ivraie qui s’y trouve ? » demandèrent indignés, les ouvriers de la parabole ? C’est l’ennemi qui a fait cela, répondit le maitre. Frères et sœurs, dans cette parabole se dévoile pour nous la réponse à l’irrémédiable question face au scandale du mal. Dieu n’a pas créé le mal, car tout ce que Dieu a créé est bon. Toutefois, le mal est en nous. Il est dans les personnes comme dans les institutions. Et on trouvera toujours mélangés en nous le bien et le mal, même si ce mélange ne reflète pas réellement ce que nous sommes, car c’est au moment où nous baissons la garde (la nuit) que le mal s’infiltre à notre insu. Sachons que nous nous heurterons au mal dans notre vie de chaque jour : au travail, dans nos maisons, dans la rue et surtout dans notre cœur et aussi dans celui du frère ou de la sœur en face de nous. Mais le plus intéressant dans ce constat se trouve dans l’étonnante réaction du maitre : « Non laissez-les croitre en semble jusqu’à la moisson ». Voilà qui est bien dit : Dieu est patient envers le pécheur. Nous en faisons l’expérience à coup sûr quotidiennement. Il sait que la tentation est souvent plus forte que nos bonnes intentions et que nous avons besoin de temps pour trouver et choisir le bien, comme nous le dit le livre de la Sagesse. Qu’en est-il de nous ? Donnons-nous cette chance à ceux que nous considérons comme mauvais ? Sommes-nous tolérants face aux faiblesses des autres, aux faiblesses de notre épouse ou de notre époux, de notre confrère et de notre consœur ? Devons-nous seulement, qualifier les uns de bons et les autres de mauvais ? Dieu n’aime pas le péché qui est en nous, mais en dépit de ce péché, il nous aime au-delà de ce que nous ne pouvons imaginer. Jésus-Christ dans cette parabole nous demande de faire la même chose avec nos frères.

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Dans la parabole de la graine de moutarde ? Jésus nous indique avec clarté, que le Royaume doit être un signe ; un signe qui se développera dans le monde de telle manière qu’on ne pourra pas l’ignorer. « C’est la plus petite des graines, (…) Elle devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent s’abriter dans ses branches. ». Lorsque nous accueillons la Parole de Dieu avec foi, cette Parole grandit en faisant de notre vie, un réconfort et une force pour les autres. Et si nous nous efforçons de traduire cette Parole dans nos actes concrets de chaque jour, nous devenons une inspiration pour les autres, un signe que le bien peut triompher du mal. Une vieille tactique pour enlever un clou enfoncé dans une planche consiste à retourner la planche pour y enfoncer un autre clou. Le nouveau fait sortir l’ancien. Plantez une vertu et vous déracinerez un vice. Voilà ce que nous devons faire frères et sœurs sur ces terrains communs où cohabitent le bien et le mal : là où il y a la haine, semer l’amour. Là où il y a le désespoir, redonner espoir. Là où sévit la persécution, prendre le parti du faible et de l’opprimé. Là où il y a les pleurs, semer la joie et redonner confiance en celui qui peut tout : Jésus ! C’est ainsi que nous engageons à lutter contre le mal, en faisant lever la pâte comme le levain.

Jésus termine sa série de paraboles, en évoquant l’imminence du jugement divin. Alors que l’on ne se trompe pas ; il y en aura bien un. De plus en plus des sectes et des courants de pensée tentent de mettre en doute l’importance des choix que nous faisons chaque jour, et le sens du péché s’estompe tout autant que celui de la présence de Dieu. Bien vite on en arrive à douter même de la valeur unique de notre vie et celle de la personne humaine. Nous comprenons alors le caractère tragique des décisions que nous prenons jour après jour et qui dessinent en notre nom comme un chemin pour Dieu ou contre Dieu.

Alors frères et sœurs prions, et faisons-le en nous laissant conduire par l’Esprit de Dieu comme nous l’enseigne Saint Paul.Souvent nous pensons que nous prions seulement quand nous disons quelque chose ou quand nous demandons quelque chose. Saint Paul nous montre que les mots ne sont pas importants : la prière est dans le profond et ardent désir de l’Esprit de Dieu en nous.

Bon dimanche et que la Paix du Christ soit toujours avec vous !

Abbé Brice Alex Nana