Homélie du 21e dimanche du temps ordinaire de l’année A, par le Père Boniface Siagnouly Badiate, du diocèse de Ziguinchor, au SÉNÉGAL en fidei donum au CANADA dans le diocèse de Saint-Hyacinthe, vicaire en la paroisse Saint- Joseph et Sainte Trinité de Granby, au Québec.

Les textes de ce dimanche font penser à une consultation pour un remaniement gouvernemental en vue de la construction du royaume de Dieu. Cela donne à méditer sur les attitudes, les responsabilités et les actions qui répondent à la construction de ce royaume.

Le remplacement annoncé par Isaïe l’homme de Dieu au gouverneur Shebna par Éliakim dans la première lecture, nous enseigne que c’est Dieu qui choisit ceux qui travaillent pour son royaume. A nous tous, responsables au niveau civil, coutumier ou religieux, il est rappelé quelques attitudes: honorer la confiance de Dieu sur nous dans l’autorité que nous exerçons au sein de son peuple. Cette autorité n’est qu’un service: conduire tout le peuple à Dieu, se préoccuper de ses intérêts salutaires et non nos propres intérêts, pour qu’il vive de la vie qui plaise à Dieu. C’est la seule raison d’être de tout pouvoir de gouverneur, de roi, de responsable quelconque que nous recevons.

Dans l’évangile, Jésus nous laisse découvrir cette responsabilité dans la construction du royaume de Dieu. A sa question, « pour vous, qui suis-je», ce qui signifie entre autres pour toi quelle place j’ai dans ta vie, qu’est-ce que je représente pour toi, me fais-tu confiance ?, Dieu révèle pour nous cette riche confession à Pierre, l’un de nous, homme de qualités et de défauts. Il dit: «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant». C’est en fait  lui Jésus qui conduit le peuple au salut de Dieu : il a ouvert les yeux aux aveugles, délié les prisonniers, dénoué  les servitudes du péché, ouvert les portes qui enfermaient dans la mort pour ouvrir à la vie des enfants de Dieu. Oui le Christ est celui qui par sa mort et sa résurrection sauve le peuple de Dieu de la mort éternelle et lui ouvre à la vie éternelle. Il est la porte grande ouverte pour aller à Dieu.

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Comme les apôtres Pierre, Paul, et ceux qui ont rencontré Jésus dans leur expérience vitale, qui ont pris conscience de la profondeur de la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu, estimons-nous «heureux» que Jésus nous fasse confiance malgré tout.  Acceptons la mission qu’il nous confie: être le fondement de son église, c’est-à dire témoigner de notre foi pour affermir celle de nos frères et sœurs. Cela nous appellera à fortifier cette foi dans la participation régulière à nos célébrations liturgiques afin de mieux la manifester par les œuvres qui conduisent au royaume de Dieu : la justice (rendre à chacun son dû), la charité, la miséricorde, la construction de la paix… Aussi, rappelons-nous que notre mission est de veiller sur sa famille, son Église pour fermer la porte à tout ce qui entre pour la souiller et la diviser.

Nous avons une multitude de clés, de pouvoirs entre nos mains, c’est-à dire des services par lesquels nous introduisons ou nous ouvrons les autres, ainsi que nous-mêmes à la profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu. Il s’agit de l’accueil dans nos communautés ecclésiales, la catéchèse, les sacrements, les œuvres de bienfaisance… Cela honore notre humanité et notre Dieu. Bonne mission à nous tous avec Jésus notre maître! Amen.

Père Boniface Siagnouly Badiate