La foi de Donald Trump laisse les Américains sceptiques


Selon un sondage mené début juin, seulement un Américain sur quatre est convaincu que le président Donald Trump est un « homme de foi ».Ce chiffre bas est décevant pour Donald Trump qui multiplie les signaux envers l’électorat chrétien en vue de l’élection présidentielle de novembre 2020.

Tout ça pour ça. Depuis son engagement dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2016, mais de façon plus intense ces dernières semaines, Donald Trump multiplie les gages sur ses convictions religieuses chrétiennes. Au début du mois, il s’est ainsi affiché devant une église épiscopalienne une Bible à la main avant de se rendre le lendemain dans le sanctuaire catholique Saint-Jean-Paul II y signer un décret présidentiel réaffirmant la liberté religieuse comme un axe majeur de la diplomatie américaine.

Cependant, les efforts de Donald Trump ne semblent pas payer. Selon un sondage Politico/Morning Consult mené les 6 et 7 juin, seuls 27 % de ses compatriotes affirment être convaincus que leur président est un « homme de foi » et ils sont 55 % à penser l’inverse. Les chrétiens américains sont toutefois un peu plus cléments, un tiers reconnaissant la foi de Donald Trump contre 50 % à ne pas être convaincu par celle-ci.

Chute chez les catholiques

C’est surtout chez les évangéliques que Donald Trump recueille un avis favorable sur sa foi (40 %). Les catholiques sont quant à eux nettement plus sévères : seuls 23 %, soit moins que la moyenne nationale, voient Donald Trump en « homme de foi ». Et la situation ne devrait pas s’améliorer après le tweet d’éloge du président américain adressé à Mgr Carlo Maria Viganò, farouchement opposé au pape François.

Selon un autre sondage, cette fois-ci conduit par le Public Religion Research Institute, Donald Trump est en chute libre au sein de l’électorat blanc catholique, qui l’avait pourtant choisi à 60 % en 2016 face à Hillary Clinton. En mars, 60 % de la population blanche catholique américaine avait une bonne opinion de son président. En avril, l’approbation chutait à 48 % et a poursuivi sa descente en mai, dernière date disponible, pour atteindre 37 %.

Défiance croissante chez les évangéliques

Le phénomène est également observable au sein de la population blanche évangélique, bien que celle-ci reste très largement favorable à Donald Trump. ils étaient 77 % à lui faire confiance en mars, contre 62 % en mai, soit une baisse de 15 points en deux mois. En revanche, les électeurs non-blancs évangéliques restent également défiants à l’égard du président, n’étant que 40 % à lui faire confiance, en mars comme en mai.

Alors qu’il est malmené par les sondages en vue de l’élection présidentielle de novembre prochain, la reconquête de l’électorat chrétien est essentielle pour Donald Trump. Lors d’une réunion avec des responsables catholiques en avril dernier, il n’avait ainsi pas hésité à affirmer que les enjeux de la prochaine élection « n’avaient jamais été aussi importants pour l’Église ».

Xavier Le Normand